RISQUES D’EXPROPRIATIONS FONCIERES A OUAKAM: Grogne dans les rangs de l’Armée

Publié le par farbasy

Des sous-officiers toujours en activité et d’anciens soldats accusent la haute hierarchie militaire de les avoir exproprié les terres où ils habitent avec leurs familles au quartier Termes sud à Ouakam. Ils ont adressé une lettre auarton3178-1-.jpg président Wade pour avoir gain de cause.

Ça grogne dans certains rangs de l’armée sénégalaise. Cause de ce mécontentement, des sous-officiers et anciens militaires résidant au quartier Terme sud à Ouakam sont menacés d’expropriation par la haute hierarchie militaire. Après avoir reçu en 2005 du ministre des Forces armées Becaye Diop  l’assurance qu’ils pourront exercer leurs droits de préemption lorsque le site, appartenant à l’époque au domaine national, sera déclassé, les habitants de Termes sud ont eu en 2007 la surprise de voir des personnes étrangères detenir des baux sur le site qu’ils occupent depuis 30 ans. Selon Jean Léopold Gueye, secrétaire général du Groupement national des anciens militaires du Sénégal et familles de militaire, «confirmation leur a ensuite été donnée par une haute autorité de l’armée, qui leur a fait comprendre que ce site n’était plus sous la responsabilité de l’Armée ». Dans une lettre adressée au président de la République en date du 4 mai 2011, cette structure accuse. « Il est clair que des officiers ont voulu se partager ces terrains, sous le couvert de la Comico, pour s’empresser de les revendre et ainsi faire de juteux profits », indiquent les protestataires. Ils avancent que les militaires habitant le quartier Terme Sud depuis près de 30 ans et ayant versé au moins 4 200 000 francs Cfa au minimum pour ces terrains déclassés se voient aujourd’d’hui menacés « d’explusion illégitime par certaines autorités cachées derrière le manteau du pouvoir que leur confère leurs postures et fonctions dans la hiérarchie militaire et politique ». Dans la missive adressée au chef de l’Etat, Jean Léopold Gueye souligne qu’il est  « est troublant, de constater qu’il a été attribué à beaucoup d’officiers, les terrains de (notre) quartier ». Et de préciser : «  Il a été octroyé des baux à raison de 52290 francs Cfa par an soit 4410 francs par mois, pour une durée de 30 ans. Les terrains devaient leur revenir à 1 587 600 francs pour 30 ans. Alors que le chef de famille en retraite qui loge au Terme sud avec 10 ans d’occupation seulement a déjà versé un montant de 4 200 000 pour le même espace ».

De même, les sous-officiers et anciens militaires de Terme sud indiquent qu’ils sont « régulièrement importunés par des acheteurs abusés qui ont pu constater que les terrains nus qui leur avaient été proposés sont en fait des maison habitées ». Pour etayer leur thèse, ils donnent l’exemple de cette famille d’un militaire tombé au champ d’honneur au Libéria qui a failli être explusée n’eut été la réaction des jeunes du quartier. Quand aux militaires toujours en activité et habitant Terme sud, ils font l’objet de tentatives d’intimidations pour les faire quitter leur zone d’habitation. « Certains se sont vu signifier qu’ils ne pourront plus prétendre des promotions, des missions à l’étranger ou autres formations », indiquent les protestataires. «  Nous ne pouvons passer sous silence, le fait que certains se sont vus proposés de quitter le quartier en échange d’une mission à l’étranger, qui permet aux militaires de se refaire une santé financière. Le groupement dénonce tout aussi vigoureusement les affectations qui n’ont pour but que d’accroitre les difficultés de ces familles », lit-on dans la lettre adressée au président de la République.

Aux officiers qui pensent que ces protestataires sont des sous-officiers et hommes de rang frondeurs contre la hiérarchie militaire, le groupement national des anciens militaires répond. « Il n’en est rien Excellence monsieur le président de la République. Ces hommes ont vaillament défendu la nation partout où le besoin s’est fait sentir et aujourd’hui ils veulent simplement pouvoir mettre leur famille à l’abris de la précarité et de difficultés devant une fin de carrière que l’on sait difficile dans notre pays »,  lit t-on dans la lettre adressée au président Wade.

Farba Alassane SY

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