ALTERNANCE GENERATIONNELLE:Ces jeunes qui vont monter en puissance

Publié le par farbasy

Ils sont tous trentenaires, ils font la politique et ils ont de l’ambition. Voici dix jeunes qui feront les cinq prochaines années.

 

Abdou Mbow (APR)

Lui c’est le patron de la jeunesse de l’Apr, le nouveau parti au pouvoir. Toutefois, son autorité semble être mise à rude épreuve ces temps –ci  par la troupe de jeune Apéristes. En témoignent les huées qu’il a reçues il y a quelques jours à l’occasion de la rencontre entre Macky Sall et jeunes de l’Apr. Originaire de Thies, ce diplômé de l'Institut Supérieur des Sciences de l'Information et de la Communication est aux commandes depuis la création de la formation politique dirigée par l’actuel président de la République. Auparavant, Abdou Mbow  avait milité tout comme Macky Sall au Parti démocratique sénégalais où il a eu à occuper la fonction de porte-parole de l’Ujtl. A l’époque, le jeune Mbow était chargé de mission à l’Assemblée nationale que Macky Sall a brièvement dirigée juste au lendemain de la réélection de Wade en 2007. Poste qu’il quittera avec le départ de Macky Sall et la création de l’Apr en décembre 2008.

Biram Faye (APR)

Si Abdou Mbow est originaire de Thiès, son adjoint à la coordination des jeunes de l’Apr est un ressortissant de Fatick, le bastion Macky Sall. Tout comme Mbow, Biram Faye est un produit du Pds, puisqu’il a été dans une vie politique antérieure porte-parole de la section Ujtl de Fatick. Aujourd’hui, ce trentenaire titulaire d’une maitrise en anglais à l’Ucad et d’un master en organisation des entreprises à l’Institut supérieur de management (ISM)  travaille dans l’évènementiel. Membre du parti au pouvoir, nul doute que l’Apr que Biram Faye sera de ceux qui mèneront le tempo politique ces cinq prochaines années.  

Malick Noël Seck (PS)

Il est la révélation politique de l’année 2011 avec sa fameuse lettre de mise en garde contre la validation de la candidature de Wade adressée aux membres du Conseil constitution. Bravade qui lui vaudra d’ailleurs une condamnation à deux ans de prison avant qu’il ne soit gracié janvier 2012 par l’ancien président Wade. Malick Noël Seck, c’est la jeunesse politique combattante. Secrétaire générale de la Convergence socialiste, une structure satellite au Parti socialiste, ce cadre dans une boite privée de la place ne fait pas dans la dentelle pour défendre ses points de vue. Le régime de Wade coulé, Malick Noël Seck s’attaque désormais au leadership de l’actuel secrétaire général du Ps. Par une contribution paru dernièrement dans la presse, ce dakarois estime que « l’angélisme d’Ousmane Tanor Dieng n’a pas fonctionné ».

Youssou Mbow (PS)

Youssou Mbow fait partie de la génération des socialistes de l’après Diouf. Venu après 2000 dans un Ps décimé par la perte du pouvoir, le jeune Mbow marque très vite son territoire en parvenant à occuper une poste de responsabilité, celle de porte-parole de la jeunesse socialiste. A ce titre, Youssou Mbow s’est illustré ces dernières années par son éloquence à l’occasion des débats politiques télévisés. Ce jeune socialiste, aussi professeur de philosophie à Dakar, est à ce jour président du mouvement des enseignants du Parti socialiste et coordonnateur des enseignants de Bennoo Bokk Yakaar, la coalition des partis au pouvoir.

Thierno Bocoum (REWMI)

Si le Ps à Barthélemy Diaz et Malick Noel Seck, Rewmi a son Thierno Bocoum. Comme  les deux célèbres socialistes, ce dernier a aussi fait la prison à l’occasion de la dernière crise pré-électorale ayant touché le Sénégal. Accusé d’attiser le feu lors d’une manifestation contre la candidature de Wade à Golf, le jeune Bocoum a passé une partie de la campagne électorale à la maison d’arrêt de Rebeuss. Fin janvier, ce partisan d’Idrissa Seck avait été interpellé pour avoir osé manifester devant les grilles du palais présidentiel. Toutes choses qui font dire que Thierno Bocoum s’est brillamment illustré sur le front politique. Spécialiste en communication, ce responsable de la jeunesse de Rewmi a réussi à se faire un nom dans le microcosme politique sénégalais. Un succès toutefois douché par le score assez médiocre du candidat Idrissa Seck à la dernière présidentielle.

Mbaye Dione (AFP)

Jusqu’en avril 2011, ce directeur de banque était le patron des jeunesses de l’Afp, poste qu’il  cédera à Malick Gueye. Mbaye Dione, est aussi, depuis les locales de 2009, président de la communauté rurale de Ngoundiane dans la région de Thiès. Fort de cette position, ce jeune progressiste avait réussi la prouesse le 26 février dernier à faire gagner Moustapha Niasse dans la localité avec un score de 38% loin devant ses suivants immédiats  Ousmane Tanor Dieng (21%) et Idrissa Seck (19%), tous deux ressortissants de la région de Thiès. Auréolé de cette victoire, nul doute que Mbaye Dione va vite gravir les échelons les cinq prochaines années au sein de l’Alliance des forces du progrès.

Yankhoba Diatara (REWMI)

Anciennement responsable des jeunes de Rewmi, Yankhoba Diatara est à ce jour premier adjoint du maire de Thies, l’une des plus grandes villes du pays. Ce proche d’Idrissa Seck a été comme son mentor un pur produit du Parti démocratique sénégalais. Avant de rompre les amarres avec cette formation politique, Diatara  milité depuis son jeune âge dans cette formation politique. En effet, il a été membre du Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) de 1997 à 2001. Avec les locales de 2002, il devient conseiller municipal dans la ville de Thiès. Plus précisément, le jeune Diatara occupera la fonction de secrétaire permanent chargé des relations internationales de la ville de Thiès.

Aliou Sow (PDS)

Ce membre du parti démocratique sénégalais se réclame  du “Wadisme”, ce courant des fanatiques de l’ancien président Abdoulaye Wade. Comme présentation, les  membres du « Wadisme » se comparent à « des montres fonctionnant à l’heure de Wade ». Maintenant que Wade a perdu le pouvoir et est contesté par un grand nombre de ténors du  Pds, nul doute qu’Aliou Sow servira de bouclier à son vieux Pape du Sopi. Ce docteur en communication, président du conseil rural de N'diognick dans la région de Factick et ancien ministre des collectivités locales a les capacités de s’imposer au sein de la classe politique sénégalaise. Aliou Sow a eu un parcours remarquable ces douze dernières années. Elu député en 2001 à l’âge de 26 ans, ce journaliste de formation est devenu quelques mois plus tard vice- président du groupe parlementaire libéral. En 2002, Aliou Sow est nommé ministre de la jeunesse à l’âge de 28 ans, poste qu’il occupera jusqu’en 2007 après la réélection du président Wade. Le jeune Sow reviendra deux ans plus tard dans le Gouvernement en devenant ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. En octobre 2009, il sera connaitra une promotion en devenant ministre plein chargé de la Décentralisation et des Collectivités locales.

Bara Gaye (PDS)

Contrairement à Modou Diagne Fada en 2000 et Mamadou Lamine Keita en 2007, Bara Gaye n’a pas réussi en 2012 à assurer une victoire électorale à Abdoulaye Wade. L’actuel secrétaire général de l’Ujtl a échoué là où ses prédécesseurs ont réussi. Toutefois, malgré cet échec Bara Gaye a les moyens de rebondir. Elu secrétaire général de L’Ujtl en juin 2011 à l’occasion d’un congrès démocratique, Bara Gaye s’est révélé à la face des Sénégalais à l’occasion des débats télévisés grâce à son éloquence et à sa maturité. Il faut dire que ce proche de Karim Wade est une tête bien faite. Diplômé d’un master en management des projets de développement, il a eu à occuper dans le passé la fonction de chef de département de projet chargé de l’orientation et de la politique dans un cabinet d’études et de projets méthodistes. Après cette expérience, il entre dans le cabinet de l’ancien ministre Karim Wade puis est bombardé fin 2011 ministre conseiller auprès de l’ancien président Wade.

Abdou Khafor Touré (PDS)

Tous ceux qui suivent le débat politique national ont au moins une fois vu Abdou Khafor Touré sur les plateaux de télévision défendre la politique et les réalisations de l’ancien président Wade. En véritable Fedayyin du prédécesseur de Macky Sall, ce jeune libéral  avait pris goût à dégainer contre les adversaires de Wade. En témoigne cette flèche assassine envoyée octobre dernier au leader du Mpcl : « en 2009 Gadio comparait Wade à Dieu ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Abdou Khafor Touré est porte-parole de la Fédération nationale des cadres libéraux. A préciser, qu’il est aussi directeur de l’Agence nationale pour l’emploi des jeunes. Maintenant que le Pds a perdu le pouvoir, Abdou Khafor Touré pourrait prochainement perdre son emploi, d’autant plus que Macky Sall avait annoncé durant la campagne son intention de dissoudre certaines agences créées par le défunt régime libéral.

Farba Alassane SY

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