NAISSANCE DU MOUVEMENT « TOUCHE PAS A MA CONSTITUTION »: La place de l’Indépendance bientôt assaillie par la société civile

Publié le par farbasy

259979_209724592397997_100000813732309_539885_3967450_n-1-.jpgDes rassemblements à la place de l’Indépendance, devant les grilles du palais présidentiel à Dakar et les Gouvernances à l’intérieur du pays. Voilà ce que comptent effectuer les acteurs de la société civile dans les prochains jours pour éviter un énième tripatouillage de la Constitution.

Face au projet de loi instituant des tickets à l’élection présidentielle, la resistance citoyenne se prépare. La société civile est à l’avant garde de cette lutte qui s’annonce acharnée. Elle projette d’investir les rues dans les prochains jours pour faire face à ce qu’elle considère comme « une aggression contre les citoyens sénégalais ». En réunion samedi dernier au siège de la Raddho à Dakar, plusieurs acteurs de la société civile parmi lesquels Alioune Tine, Penda Mbow, Aziz Tall du mouvement Yemalé, Me Mame Adama Gueye, Pr Babacar Gueye, Marie Angelique Savané, Assane Dioma Ndiaye, Alla Dieng de Jog Jotna etc ont mis sur pied une campagne intitulée « Touche pas à ma Constitution ». Ainsi est-il prévu des rassemblements hebdomadaires dans toutes les régions du Sénégal, probablement devant les Gouvernances et Préfectures. A Dakar, on évoque de gigantesques sit-in à la place de l’Indépendance ou devant les grilles du palais présidentiel. Le mouvement des « Indignés » d’Espagne ou encore la révolution égyptienne à la place Tahrir sont pris en exemple par les initiateurs de la campagne « Touche pas à ma Constitution ». D’ailleurs, un rassemblement préparatif de ces plans d’action est prévu mercredi prochain au centre culturel Daniel Brotier en plein centre de Dakar. Histoire de massifier le mouvement, les syndicats, partis politiques, les chefs réligieux, bref toutes les forces vives du pays, sont invitées à se joindre à cette résistance citoyenne. Selon le constitutionnaliste Babacar Gueye, « le moment est extrêmement grave ». Cet universitaire d’habitude pondéré et initiateur dans le passé d’initiatives de dialogue entre le pouvoir et l’opposition adopte maintenant un air indigné contre la nouvelle trouvaille du régime libéral. « Si on laisse passer cela, ce n’est plus la peine de protester, de dire quoi que ce soit. Nous sommes à la croisée des chemins. Ou on réagit et on fait basculer la situation en faveur de la citoyenneté, que les citoyens aient droit à la parole et expriment ce droit à la parole. Ou alors on laisse faire, on s’applatit. Et alors le président et son équipe vont faire ce qu’ils veulent de ce pays. Le moment est venu maintenant de dire stop », avertit l’universitaire. Décidement déterminé à engager la lutte pour faire reculer le pouvoir, le Pr Babacar Gueye ajoute que les initiateurs du mouvement « Touche pas à ma Constitution » n’ont pas peur de confrontations avec les forces de l’ordre puisque dit-il : « c’est l’avenir de notre démocratie qui est en jeu ». Poursuivant son coup de gueule, celui qui a dirigé en 2005 la commission céllulaire ayant mis sur pied la Commission électorale indépendante fulmine : « Nous n’avons que deux mois. Le président de la République a décidé de respecter la légalité. Mais en réalité, il a décidé de contourner la légalité en utilisant le droit. Donc, il va essayer de respecter le protocole de la Cedeao qui exige que 6 mois avant les élections on ne procède pas à des changements. Il l’a fait exprès, il le fait 8 mois avant ». Les prochains jours risquent d’être mouvementés au Sénégal.

Farba Alassane SY

 

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