KALIDOU DIALLO, MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE ET MEMBRE DE LA GENERATION DU CONCRET: « La question de la dévolution monarchique du pouvoir est définitivement écartée avec le ticket préside

Publié le par farbasy

 k1-1-.JPGDans cet entretien accordé à Kotch, le ministre de l’Education nationale Kalidou Diallo a porté la casquette du politique pour aborder l’actualité brûlante marquée par le projet de loi instituant le ticket à l’élection présidentielle, le dernier sondage donnant Wade perdant dès le 1er tour ou encore les candidatures de personnalités comme Macky Sall et Chiekh Tidiane Gadio. Ce membre de la Génération du concret réclamant sa proximité avec Karim Wade s’est érigé en avocat du ticket présidentiel. Considérant que la question de la dévolution monarchique du pouvoir sera complétement écartée en cas d’adoption d’une telle mesure, M. Diallo n’a pas manqué de dresser le portrait robot du futut colistier du président Wade.

 

 

 

 

 

 

  

 

Le chef de l’Etat vient d’instituer un projet de loi instaurant un ticket à l’élection présidentielle. Quelle est la pertinence d’une telle trouvaille ?

C’est un projet de loi du Gouvernement. Il faut traduire cette révolution de notre système démocratique comme une illustration de plus de la capacité d’initiative du président. Je sais que du temps de Diouf c’est l’opposition qui avait toujours l’initiative. Aujourd’hui, nous avons l’initiative politique. C’est une excellente chose. La démocratie va s’approfondir avec ce projet de loi. D’abord parce qu’à mon sens, tous les pays démocratique reconnus, je pense aux Etats unis, ont ce système électoral avec le ticket. Je pense également que cette proposition de loi règle plusieurs choses. Pour les sept ans à venir, si ce projet de loi est adopté, le président ne peut pas avoir pour colistier Karim. Ce n’est pas possible de ce point de vue. Donc, la question de la dévolution monarchique du pouvoir sera définitivement écartée. On met fin à un débat. Il me semble que cette question de ticket va mettre définitivement fin au débat sur le monopole du pouvoir, à l’absolutisme ect. Le fait que le régime présidentiel est un régime avec une personne unique etc. Depuis 1960 jusqu’aux assises les gens d’en face n’ont pas pu innover. Ils sont restés dans la lignée de ce qu’on avait l’habitude de faire. Mais là c’est un tremblement de terre démocratique qui met le Sénégal définitivement dans un autre système démocratique. Et là, il faut avoir l’intélligence politique du président pour non seulement dérouter tout le monde mais aussi avoir le courage politique pour pouvoir, dans un tel contexte, prendre une telle initiative et même prendre un risque. Bennoo était en difficulté pour avoir un candidat unique. Les gens parlaient de ticket. Mais le président règle le problème de l’opposition en instituant un ticket. Il assume qu’il est prêt à avoir en face de lui un ticket au niveau de l’opposition. Ce projet de loi est non seulement novateur mais aussi révolutionnaire. Il va relever complétement le système politique et va amener un personnel politique nouveau. Et c’est très important.

Vous avez dit que ce projet de loi écarte définitivement toute suspicion de dévolution monarchique du pouvoir. Expliquez pourquoi. Rien ne peut empêcher le président de la République de choisir son fils Karim Wade comme colistier.

Non c’est impossible. On ne peut pas envisager cela. Un père et un fils colistier, c’est impossible.

Est ce qu’il y a une disposition dans le projet de loi interdisant ce cas de figure ?

Ce scénario n’est pas envisageable. C’est définitivement écarté. Ce débat est clos. C’est terminé.

A votre avis qui pourrait être le colistier idéal du président Abdoulaye Wade ?

Je ne peux pas vous le dire. D’abord c’est des questions politiques. Vous savez que ce sont les partis politiques qui désignent les candidats. Et certainement le président lui-même a déjà le profil. Mais à mon niveau je considère tout de même que ça devrait être certainement un colistier qui devrait être beacoup plus jeune pour, non seulement apprendre mais également prendre la relève demain. Et créer les conditions d’un régime libéral pour 50 ans encore. A ce niveau, d’autant plus que le colistier est élu dans les mêmes conditions que le président et pendant sept ans. Il devrait être quelqu’un qui devrait compléter le président dans beaucoup de choses mais également être en mesure de convaincre d’autres Sénégalais parcequ’il doit symboliser l’avenir.

On peut donc dire que ce colistier sera le dauphin du président de la République.

On ne peut pas parler de dauphin. Le président a dit dans un entretien récent que son succésseur sera élu. A l’époque, personne n’avait déviné. C’est aujourd’hui que personnellement j’interprete tout le sens qu’il donne à cela. C’est quelqu’un qui est élu par les Sénégalais au même titre que le président Wade. C’est un ticket. La Constitution prévoit de façon démocratique par le vote des Sénégalais, qu’en cas d’incapacité c’est le vice président qui remplace le président de la République. C’est sur cette base que le vice président sera élu. On ne peut pas alors parler de dauphinat. C’est comme si on parlait de dauphinat aux Etats unis lorsque le président Kennedy a été assassiné au début des années 60. C’est Johnson qui a pris la relève. Quand le président n’est plus là, c’est le vice président qui continue le mandat. Cela n’est pas un dauphinat. Cela fait partie des règles démocratiques. Récemment au Nigéria, lorsque Yaradoua est décédé, c’est le vice président Goodluck, qui n’avait même pas la carrure à l’époque, qui a terminé son mandat. Il a eu les capacités de pouvoir se présenter et de gagner les élections. Donc, on ne peut pas parler dans ces conditions de dauphinat.

Donc, si je vous comprends bien, le peuple sénégalais est appelé en 2012 à réelire le président Wade et à élire en même temps son succésseur…

Si le président Wade termine son mandat de sept ans, il va accompagner son vice président jusqu’au terme de son mandat. Mais si entre temps, en cas d’incapacité, c’est le vice président qui assure la continuité… Et si le colistier, entre temps a une incapacité, le président Wade nomme un autre vice président. Mais celui qui est nommé, en aucune manière il ne peut être président.

Vous êtes supposé être un proche de Karim Wade. Est ce que vous confirmez ?

Ce n’est pas supposé. Si être proche de Karim c’est partager avec lui la Génération du concret, partager avec lui les orientations politiques pour non seulement développer le Sénégal. Si être proche de lui c’est partager la nécessité de faire la politique autrement. Si être proche de lui c’est travailler avec lui nuit et jour pour la réelection de Me Abdoulaye Wade en 2012, dans ce cas je suis un des plus proches de Karim Wade.

Est ce que vous ne nous sentez pas menacé dans votre base électoral qu’est le Fouta par des candidats commes Macky sall et Cheikh Tidiane Gadio qui sont en train de gagner des militants dans la région nord du Sénégal ?

Vous savez, l’élection présidentielle c’est une sorte de marathon. Je considère que Gadio est en train de faire une petite foulée. Il sera un très bon candidat en 2019 certainement. C’est vrai que Macky a eu une expérience politique. En ce qui concerne le Fouta, je peux vous rassurer que nous allons battre et très largement tout candidat autre que Wade. Depuis deux ans, même les communautés rurales qui avaient été gagnées par Bennoo, sont en train de basculer une à une. Celui que vous venez de voir sortir de mon bureau, Medoune Thiam, c’est la premier vice  président de la communauté rurale de Nabadj Siwo, c’est un conseiller Bennoo. Il est aujourd’hui avec nous. Il est venu avec une vingtaine de conseillers. Donc, on peut dire que la communauté rurale de Nabadji a basculé au niveau du Sopi. La communauté rurale de Bokidjawé gagnée par Bennoo est aujourd’hui devenue une délégation spéciale. Mais avant même que cette délégation n’avait été installée, c’était la débandade. C’était un ralliement massif de conseillers. Si vous prenez le département de Kanel, c’est la même chose. Les Sénégalais aiment quelque chose de nouveau. Je pense à mon grand frère et ami Djibo Kâ. Il avait bénéficié de la même chose en 1998. Il est allé aux élections et il a eu 11 députés. Macky a eu la malchance de venir au niveau des élections locales. Si Macky était venu au moment des législatives, il allait avoir plus de députés que Djibo Kâ en 1998. Mais entre temps il y a eu la démystification. Et puis, certains de ses partisans ont un discours ethnique assez fort. S’il ne faut parler que d’ethnie, je pense que Macky n’est pas plus pulaar que moi même. Lui même revendique son sang Peul mais aussi sa culture Serere. Mais l’homme n’est que culture. Si tu es culturellement quelque part, tu ne peux pas revendiquer avoir l’authenticité ailleurs. Donc, de ce point de vue, le discours ne peut pas passer. Le Fouta reste aujourd’hui très majoritairement bleu. Et je parle du Fouta englobant Matam et Podor. J’ai la certitude parce que le mois d’avril seulement j’ai fait trois fois le Fouta, j’y étais une fois au mois de mai et je m’apprête à y aller demain (ndlr samedi). J’y vais régulièrement. Pour Macky, je reconnais qu’il est connu là bas. Mais quant à Gadio, je me demande même si sa notoriété ne s’arrête pas seulement à Gadiobé dans le département de Podor. (Rires)

Qu’est ce qui pourrait, selon vous, pousser les Sénégalais à voter en 2012 pour un vieux président âgé de 85 ans ?

J’ai toujours dit que l’âge en Afrique n’est pas un inconvénient. Au contraire, l’âge en Afrique est un avantage puisqu’il signifie la sagesse. D’autant plus encore que le président Wade a démontré que malgré son âge il a fait mieux que les jeunes. Regarde son bilan. Aux regards de ses réflexions intellectuelles, de ses capacités d’initiative, du rythme de ses missions, de tout ce qu’il a réalisé et surtout des valeurs les plus modernes qui sont incarnées par une nouvelle génération, de ce point de vue il est plus jeune que certains jeunes. Là où Amadou Makhtar Mbow qui a six ans de plus qu’Abdoulaye Wade…

Mais Amadou Makhtar Mbow n’est pas président de la République comme Abdoulaye Wade…

Attendez je vous explique. Tout de même, depuis 2008 c’est lui qui dirige les Assises, une reflexion stratégique que l’opposition considère comme grande. Il réunnit les gens comme s’il s’agissait d’un conseil des ministres. Il fait des missions à l’extérieur du pays. Il vient de fêter son anniversaire avec plus de 100 millions de francs. Il reste lucide et debout. Mais pourquoi l’opposition prend Amadou Makhtar Mbow comme son porte étendard alors qu’il a six ans de plus que le président Abdoulaye Wade ? Est ce que vous ne pensez pas que le président Wade, avec tout ce qu’il a comme force intellectuelle et physique, les Sénégalais ne vont pas le réélire ? Ils ne vont même pas se poser la question de l’âge. J’ai fait le tour de l’Afrique. Je connais beaucoup de président plus jeunes mais ils ne sortent jamais de chez eux. Ils ne sont jamais en mission, ils ne travaillent pas. Tandis que ce président de 85 ans est plus mobile que ces jeunes présidents. Pour moi, l’âge devient pour le président Abdoulaye Wade un atout. Et cette question d’âge va être réglée par le ticket de toutes façons. C’est génial de régler plusieurs questions en même temps. Ce que le parti socialiste n’a pas réglé, ce qui a provoqué une débacle avec la chute du régime. Et le Pds est en train de trouver la solution. Un pays a besoin de stabilité. Nous avons crée au Sénégal les conditions d’un système politique stable. Une révolution démocratique ne pouvait intervenir qu’à travers un président visionnaire, qui est courageux mais également qui a exploité toutes les potentialités de la démocratie que nous avons hérité du système français. On a atteint le sommet. Wade déroute. Toute la stratégie de lutte des partis de l’opposition tourne autour d’une répétition par rapport à ce qui s’est passé en 2000. Ils ne changent pas de méthodes. Wade a maintenant complétement brouillé les cartes. Ils sont maintenant obligés d’être imanginatifs, de s’adapter. Le temps de s’adapter, les élections vont venir.

L’opposition que vous semblez minimiser est pourtant donnée gagnante à la présidentielle de 2012 selon un récent sondage. Abdoulaye Wade serait même battu dès le premier tour.

Si ce sondage était crédible, Wade n’allait pas faire un ticket. En 2007, on avait fait des livres, des ouvrages et des sondages annonçant la défaite de Wade. Mais au final, Wade passe au premier tour et ils on dit que ce sont les Djinn qui ont voté. En 2012, ce sera la même surprise. Je pense que ce n’est pas crédible ce sondage. Nous avons une opposition de salon. Ils ne sont jamais sur le terrain. Et puis, ce n’est pas une opposition unie. Franchement, le Bennoo est devenu Tassaro. Chacun est parti de son côté comme chez nous les Peuls quand il y a la pluie les chèvres se dispersent. C’est une excellente chose ce que Bennoo a eu en 2009, gagner dans les grandes villes y compris la capitale, ça montre que nous sommes dans une véritable démocratie. Mais regardons la gestion de la plupart de ces collectivités locales. C’est l’ancien régime, le Parti socialiste qui ne s’est pas encore remis en cause dans sa mode de gestion, qui s’est répété. En dilapidant les ressources. Cela a été une excellente chose pour notre régime qu’on ait des gens de l’opposition à gérer de telles collectivités. Ils vont être jugés par les populations. Et maintenant, ils ne vont plus faire un discours critique aérien. Ils vont faire campagne sur la base de leurs bilans dans les collectivités locales. Et là, nous aurons des atouts parcequ’ils ont de manière catastrophique géré leurs collectivités.

Propos reccueillis par Farba Alassane SY

Photos Ibrahima Koné

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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