Wade doit retenir son Blé Goudé de service

Publié le par farbasy

h-4-1056520-1-.jpgLe Professeur Abdoulaye Bathily avait bel et bien raison de dire lors d'un entretien avec Kotch que le scénario chaotique ivoirien est en train de guetter le Sénégal. Loin de nous verser dans un catastrophisme facile, force est de constater que notre pays est malade de certains de nos hommes politiques, qui n'hésitent pas à mettre de l'huile sur le feu pour assouvir leur soif du pouvoir. L'insolence et la pitrerie, loin d'être de anti-valeurs sont maintenant le moyen le plus sûr de s'attirer la sympathie du président Wade. Ou va le Sénégal quand un certain Mouhamadou Massaly, président de la jeunesse Wadiste, déclare urbi et orbi à une heure de grande écoute sur la 2Stv qu'il est le Charles Blé Goudé de Wade. Pour ceux qui ne le savent pas, l'homme à qui se compare Massaly est un Ivoirien qui s'est illustré ces dix dernières années par ses vociférations haineuses contre tous ceux qui s'opposent à son mentor, le tristement célèbre Laurent Gbagbo. Charles Blé Goudé c'est lui qui avait été l'auteur de cette phrase xénophobe et puérile en 2004: « à chaque Ivoirien son Français ». Sentence qui avait été suivie par une chasse aux ressortissants de l'hexagone résidant en Côte d'ivoire.

Qu'un Sénégalais, de surcroit proche du président Wade, puisse se comparer à un tel énergumène devrait indigner tous les esprits raisonnables de ce pays. Massaly ne se rend pas compte à quel point il participe à rendre Abdoulaye Wade encore plus impopulaire avec une telle déclaration digne de remporter la palme de l'idiotie. Mais, peut-on attendre de la hauteur d'esprit d'une personne qui se glorifie d'insulter tous les détracteurs de son mentor. Massaly n'a t-il pas déclaré dimanche dernier sur la même chaine de télévision qu'il considère Abdoulaye Wade comme son père. Et quiconque insulte son papa devrait s'attendre à ce que lui Massaly lui abreuve d'injures paternelles? Le plus affligeant dans tout cela, c'est que la presse continue à tendre le micro à ce garçon qui n'a aucune éducation de base. Et dire qu'il dirige le Conseil d'administration d'une grande structure étatique en l'occurrence la Société des infrastructures de réparation navale. Et comble de l'absurde, Mouhamadou Massaly n'est même pas titulaire du baccalauréat, ce diplôme indispensable pour accéder à l'université. Qu'à cela ne tienne, le poulain de Wade se compare à des sommités intellectuelles telles l'historien Iba Der Thiam et le juriste feu Keba Mbaye, eux qui ont réussi de belles carrières sans pour autant avoir le Bac.

Le ridicule ne tue plus dans ce Sénégal du régime de l'alternance. Le président Abdoulaye Wade est vivement interpellé à propos du cas Massaly. Non content d'avoir tenté d'attenter l'année dernière à Thiès à la vie des responsables du Parti socialiste, ce dernier revient à la charge en se comparant à Blé Goudé. A moins de 10 mois d'une élection présidentielle de tous les dangers, une sortie de cette nature devrait faire froid dans le dos. Qui sais, en cas de défaite de Wade ce Massaly ne va t-il pas constituer une milice de « patriotes » à la sauce sénégalaise pour semer le désordre dans le pays? Si le chef de l'Etat ne rappelle pas à l'ordre son « fils », on pourrait penser qu'il soutient les méthodes scandaleuses de ce dernier. Cette interpellation est aussi valable dans le camp d'en face avec un Barthélemy Diaz qui cultive volontiers l'image d'un caïd avec son revolver et les gros bras qui l'entourent lors des manifestations de l'opposition. Heureusement que l'Etat lui a retiré son arme à feu car la violence politique ne saurait s'installer dans ce pays sous aucun pretexte que ce soit. Wade et Tanor retenez vos jeunes respectifs pour le bien du Sénégal.

Farba Alassane SY

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