Une prière pour la Guinée

Publié le par farbasy

Imaginons 26 000 électeurs étrangers, soit à peu près la population de la ville de Kaffrine, convoqués aux urnes dimanche prochain à Dakar pour choisir le président de leur pays d'origine. Tel est le scénario vers lequel on s'achemine demain dans la capitale sénégalaise. Nos frères et soeurs guinéens vivants parmi nous auront l'insigne honneur de goûter aux délices de la démocratie en départageant les candidats Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Le stade Iba Mar Diop, qui comptera 33 bureaux de vote, sera ainsi l'espace d'une journée, le plus grand centre de vote situé en dehors des frontières de la Guinée. Pour un pays comme le Sénégal se targuant d'être celui de la Téranga, cette situation est à la fois source de fierté mais aussi d'inquiétudes.  Nous avons le devoir de prouver à la face du monde entier que nous sommes un pays capable de permettre à des étrangers de choisir en sécurité leur futur dirigeant. Après l'accueil des étudiant haïtiens, permettre au Guinéens de voter dans le calme et la sérénité à Dakar conforterait notre image de peuple de l'hospitalité.

L'accomplissement de ce challenge sera d'autant plus salutaire que de sombres nuages planent sur cette élection en Guinée. Chez nos voisins du sud, la tension est actuellement à son comble entre militants des deux candidats du second tour de l'élection. Sur fond de violences inter-ethniques entre Malinkés et Peuls, du sang a coulé durant la campagne électorale. Malgré les pactes de non agressions plusieurs fois signés entre Cellou et Alpha, les mauvais démons persistent. L'Etat sénégalais a le devoir de veiller à ce que cette situation délétère prévalant en Guiéne ne s'exporte auprès de la grande colonies guinéennes du Sénégal estimée à près de deux millions d'individus. Avec un nombre d'électeurs équivalant presque à la population de la ville de Kaffrine,  les autorités ne doivent permettre aucun débordement ou acte de vandalisme dimanche prochain. Pour cela, le stade Iba Mar Diop, lieu désigné pour abriter les opérations à Dakar devrait être l'objet d'attentions particulières avant pendant et après le scrutin. Ceci, afin d'éviter des attroupements susceptibles de finir en gabarres entre partisans des deux candidats. A l'image du premier tour qui s'était bien déroulé dans la capitale sénégalaise, ce second tour devrait être une fête de la démocratie. Une occasion pour la communauté guinéennes de faire table rase sur plus de 50 ans de dictature. Que la fête soit belle.

 

Farba Alassane SY

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