TALLA SYLLA ARRETE PAR LA POLICE AU JET D'EAU DE LA SICAP:Silence, le pouvoir réprime un opposant…

Publié le par farbasy

PICT0202.JPGAlors que le Sénégal célébrait hier la fête de l'indépendance, l'opposant Talla Sylla ainsi qu'un quinzaine de militants de l'Alliance Jël Jël ont été privés de marche et interpellés par la police. Après la journée historique de manifestation du 19 mars 2011, rebelote pour les interdiction de manifester.

 

Il voulait manifester le 4 avril pour le respect des principes qui fondent le nation, finalement il sera interpellé par les forces de l'ordre pour être amené dans un endroit tenu secret par les policiers. Il, c'est Talla Sylla, président du mouvement Wallu Sénégal et opposant notoire à la politique du régime libéral. Le rond point du Jet d'eau de la Sicap a été le théâtre hier matin d'un spectacle qu'on croyait à jamais révolu au Sénégal après la journée historique du 19 mars 2011 lorsque pouvoir, opposition et société civile avaient chacun manifesté à sa manière le 11ème anniversaire de l'alternance. C'est dans une place fortement quadrillée par des policiers armés de lances grenades et de tout leur arsenal anti-émeute qui a servi de décor à l'interpellation de ce leader de l'opposition ainsi que d'une quinzaine de militants du Jêf Jël dont Ousmane Ndiaye, président du mouvement des jeunes de ce parti politique. A noter qu'un char lance eau était positionné à cet endroit pour intimider toute personne voulant outre passer les mesure d'interdiction de manifester prises par le préfet de Dakar. La forte disposition policière a eu raison sur les éventuels téméraires puisque le rond point jet-d'eau était occupé uniquement par les forces de l'ordre et quelques journalistes.

Face à l'arrestation de leur leader, les quelques militants du Jël Jël rencontrés à côté de la place promettent d'en découdre avec le président Wade par tous les moyens si Talla Sylla n'est pas libéré dans 48 heure. "Nous exigeons de l'Etat qu'il libère ipso facto nos camarades emprisonnés, sinon nous menaçons de brûler le pays", menace Mamadou Morane Gueye, secrétaire national adjoint des jeunesses de l'Alliance Jëf Jël. A l'en croire, près d'une soixantaine de militants de cette formation politique sont arrêtés et tenus dans des endroits inconnus du public.

Pour rappel, le préfet de Dakar avait interdit la manifestation de Talla Sylla sous prétexte que sa date correspond à celle de la célébration de la fête nationale, jour où les forces de l'ordre seront réquisitionnées pour les besoins de défilés et prises d'armes à Dakar et dans les autres villes du Sénégal. Mais c'était sans compter sur la détermination du président du mouvement Wallu qui voulait coûte que coûte manifester. « Si le 4 avril, le pouvoir qui vient de nous notifier un arrêté d’interdiction motivé par l’absence de forces de l’ordre mobilise suffisamment de policiers pour nous dissuader de marcher, cela voudra dire que c’est un Etat qui ment. Que c’est un Etat qui joue avec la légalité», avait déclaré Talla Sylla  quelques jours plus tôt comme pour désavouer l'autorité publique. A préciser que la Constitution actuellement en vigueur au Sénégal inscrit le droit à la marche en lettre d'or. L'article 10 de cette charte de la République stipule que "chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, la marche pacifique, pourvu que l'exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l'honneur et à la considération d'autrui, ni à l'ordre public".

 

Farba Alassane SY

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