Sexisme d’Etat

Publié le par farbasy

arton6349[1]Qu'ont donc fait les femmes au président Wade pour mériter d'être toujours reléguées au second rang dans la gestion de l'Etat? Hormis la nomination en 2001 de Mame Madior Boye à la Primature, station que cette dame quittera d'ailleurs un an plus tard à cause du naufrage du Joola, plus aucune femme n'a depuis brillé dans les plus hautes sphères de la République. Certains me rétorqueront qu'Aminata Tall est devenue entre temps secrétaire générale de la Présidence. Mais, la pauvre a bouclé à peine sa première année au palais présidentiel de Dakar qu’elle a été limogée sans autre forme de ménagement. Depuis, c'est le désert féminin et rien ne semble arrêter cette tendance.

Dans le nouveau Gouvernement issu du récent réaménagement ministériel, les femmes continuent d'être les seconds des mâles. Pas un seul poste régalien n'est occupé par la gent féminine. Apparemment Wade n'a pas confiance aux femmes pour leur confier les départements aussi lourds et prestigieux que l'Intérieur, la Justice, les Affaires étrangères ou la Défense. Oh que non, c'est prendre trop de risques que de propulser une femme à ce niveau. Pourtant, si le général Abdel Aziz de la Mauritanie a réussi  en 2009 à faire d'une femme le chef de la diplomatie de ce pays conservateur pourquoi le Sénégal n'est pas capable de faire pareil? A moins que le chef de l'Etat ne soit un macho qui aime voir les dames s'occuper de tâches exclusivement féminines. La composition de la toute nouvelle équipe gouvernementale est éloquente à plus d'un titre: les trois ministres femmes les mieux placées dans l'ordre protocolaire s'occupent de la Culture et du genre, de la Famille et de la Petite Enfance. Il s'agit respectivement de Awa Ndiaye, Aïda Mbodj et Ndeye Khady Diop, elles qui sont les seules dames élevées au rang de ministre d'Etat sur un total de treize. Celles qui les suivent sont en charge de l'Entreprenariat féminin, des Relations avec les institutions, de l'Action sociale ect. A n'en pas douter, pour Abdoulaye Wade les femmes ne sont bonnes que pour des tâches féminines, celles qui font référence à la maternité, la générosité ou encore à l'instinct créatif, d'où Awa Ndiaye à la Culture. Dans un langage clair, on appelle cela du sexisme.

Et pour ne rien arranger, les femmes sont ultra minoritaires dans le Gouvernement puisqu'elle ne sont que 9 pour un nombre total de 38 ministres. Dans un pays comme le Sénégal où le sexe féminin représente 52% de la population, c'est faire preuve de cécité ou pire, de misogynie en minorant ainsi le sexe dit faible. Cette attitude est d'autant plus incompréhensible que le président Wade se targue partout d'être l'initiateur de la fameuse loi de la parité qui consacre une égalité Homme/Femme dan s toutes les fonctions électives. Cette loi votée par le parlement,attend d'ailleurs d'être promulguée depuis des mois par le chef de l'Etat. Si vraiment Abdoulaye Wade était conséquent dans sa démarche, il aurait donné un signal fort aux partis politiques du Sénégal en favorisant une entrée massive de femmes dans le Gouvernement. Mais hélas, tel n’a pas été le cas.

Farba Alassane SY

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