RAPPORTS WADE/OPPOSITION DEPUIS LE 23 JUIN:Vengeance contre l'affront de la place Soweto

Publié le par farbasy

wade fache[1]Jeudi 23 juin 2011, les sénégalais rejettent à travers une révolte populaire un projet de lois qui devait instituer le ticket à l'élection présidentielle. Devant l'ampleur de la mobilisation de l'opposition et la société civile dans les rues du centre de Dakar ainsi que dans les principales villes de l'intérieur du Sénégal, le président Wade a été obligé de faire machine arrière en renonçant à cette énième modification de la Constitution. Groggy par cette défiance du peuple, le chef de l'Etat a préféré s'enfermer pendant vingt et un jour dans son palais à ruminer sa colère. Les Sénégalais n'auront même pas droit à une séance d'explication solennelle de la part de leur président. Eux qui sont pourtant habitués à suivre quotidiennement les activités de leur dirigeant à travers les lucarnes de la télévision nationale sont restés trois semaines sevrés de ses nouvelles. Du 23 juin au 14 juillet, Abdoulaye Wade était cloîtré dans le palais présidentiel en train de concocter un plan pour reprendre la main. C'est ainsi qu'il a reçu tour à tour loin des feux des projeteurs les jeunes libéraux, les membres du comité directeur du Pds, ses alliés de l'Alliance Sopi pour toujours ainsi que les chefs des différentes forces de défense et de sécurité. L'objectif affiché est d'abord de réveiller ses troupes puis d'empêcher tout autre débordement comme celui du 23 juin. C'est ainsi que les chars de l'armée sont sortis au lendemain des violentes émeutes du 27 juin. Jamais depuis les violences post-lectorale de 1988 qui avaient poussé le pouvoir socialiste de l'époque à décréter l'état d'urgence, les militaires n'avaient pris possession des rues de Dakar. Postés aux endroits stratégiques comme la porte du troisième millénaire, le tunnel de Soumbedioune, le rond point du Jet d'eau etc, les soldats armés étaient prêt à neutraliser tout fauteur de trouble. Pendant que la grande muette assurait le maintien de l'ordre dans les rues de la capitale, le président Wade, de l'intérieur de son palais, « armait » ses partisans pour affronter l'opposition. C'est ainsi que gonflé à bloc par le « général » Wade, le nouveau secrétaire général de l'Ujtl Bara Gaye ira jusqu'à prôner la loi du talion face au M23. Même langage guerrier du côté d'Abdoulaye Faye, l'administrateur du Pds. A l'occasion d'un meeting organisé début juillet dans la banlieue de Dakar, ce responsable libéral appellera ses camarades de parti à se défendre « par tous les moyens ». A préciser que lors de la chaude journée du 23 juin, les abords du palais présidentielles étaient gardés par plus d'une centaine de lutteurs au physique impressionnant. Ces individus engagés par les proches du chef de l'Etat étaient prêts à en découdre avec tout manifestant qui s'aventuraient sur les lieux.

 

PICT0952Après 21 jours de réclusion au palais présidentiel, Wade s'est finalement montré aux Sénégalais le 14 juillet...soit le jour de la fête nationale de la France. Mais contrairement aux attentes de beaucoup qui espéraient une allocution solennelle à la Nation, le président de la République s'est adressé aux Sénégalais par le biais d'une réception avec les élus locaux libéraux. Aux Sénégalais qui s'attendaient à ce que le chef de l'Etat s'adresse à eux, ce dernier a préféré se tourner vers les membres de son camp. Quelques jours après cette sortie, les libéraux organisent un mega meeting le 23 juillet. Rassemblement durant laquelle plus d'un million de Sénégalais (chiffres du camp présidentiel) ont acclamé le président de la République. Quelques heures plus tôt, d'autres Sénégalais s'étaient rassemblés par centaines à la Place de l'Obélisque pour dire NON à la candidature de Wade ne 2012. Une exigence que ce dernier n'est pas prêt à satisfaire. « Mon départ créerait un chaos pire qu'en Côte d'ivoire », leur répond-il. Trois mois plus tard, Abdoulaye Wade reste toujours cramponné au pouvoir. Ses partisans sont sur le pied de guerre pour défendre leur mentor. En témoigne l'agression dont ont été victime le 23 octobre dernier des militants du Mouvement Luy Jot Jotna de Cheikh Tidiane Gadio. Principale accusée, Aïda Mbodj, la maire libérale de cette localité et actuelle ministre d'Etat chargée de la Femme.

Farba Alassane SY

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