Quand Jules César reçoit ses sujets barbares

Publié le par farbasy

Aujourd'hui des troupes africaines, y compris sénégalaises, défileront sur les champs Elysées pour célébrer la fête nationale de l'ancienne puissance coloniales qu'est la France. De même, 13 chefs d'Etats africains, dont Me Abdoulaye Wade joueront les figurants autour d'un Nicolas Sarkozy tout fier de revivre durant quelques instants la grandeur perdue du pays de Marianne. Le locataire de l'Elysée se mettra dans la peau  d'un Jules César conviant à Rome les chefs barbares des provinces vassales de son empire.  Officiellement, les présidents de 13 anciennes colonies d'Afrique répondent à l'invitation de leur homologue français à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines. Mais qu'on ne s'y trompe pas, leur présence à Paris montre que l'ancienne puissance coloniale garde toujours une place centrale dans nos Etat francophones. Humiliation n'est pas plus grande pour nos pays que d'aller fêter chez l'ancien bourreau le jubilé d'or de notre pseudo liberté retrouvée. Seul un pays a osé dire non à cette mascarade, il s'agit de la Côte d'ivoire de Laurent Gbagbo. Nos cousins d'Eburnie ont compris que l'indépendance ne se fête pas chez l'ancien maître mais chez soit. Ce geste comparable au non de Sekou Touré à De Gaulle en 1958 restera sans doute dans les annales de l'histoire.

Le Sénégal aurait pu jouer ce rôle de défenseur de la dignité africaine. En reprenant possession des bases militaire françaises au Sénégal le 4 avril dernier, le président Wade avait posé un acte fort. Il était ainsi devenu pour nombre de jeunes africains le symbole vivant de la lutte contre le néocolonialisme. Wade commençait à trouver sa place auprès des mythes africains comme Sekou Touré, Thomas Sankara et Kwamé Nkrumah. Mais hélas, sa participation au défilé du 14 juillet le fait tomber de son piédestal. Le président du Sénégal va figurer sur une photo de famille risquant d'être pendant des années le symbole vivant du néocolonialisme. Vu sa vision fortement teintée de panafricanisme, le président Wade ne mérite pas un tel sort. Lui qui a été snobé par Nicolas Sarkozy le 3 avril dernier à l'occasion de l'inauguration du monument de la renaissance africaine, l'événement phare du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal. On se rappelle que le président français s'était fait représenter par son ministre de l'Intérieur, au grand désespoir de Wade qui espérait la présence de la plus haute autorité de la République française. Si vraiment Nicolas Sarkozy tenait tant à célébrer les indépendances africaines, geste n'aurait été plus grand que d'assister à toutes les fêtes nationales des différents pays concernés. Mais hélas, le chef d'Etat français préfère renouveler un réflexes de colon en convoquant à Paris tous ses anciens sujets. C'est comme rien ne s'était passé il y a cinquante ans...

Farba Alassane SY  

     

 

 

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