PRET A ACCUEILLIR A BRAS OUVERTS LES LIBERAUX: Macky tombe le masque

Publié le par farbasy

n8iex31r[1]En faisant des appels de pied aux dirigeants libéraux  pour qu'ils rejoignent sa formation politique, Macky Sall a comme l'ambition d'être le continuateur du régime libéral au delà du 26 février 2012. Mais est ce surprenant venant d'un homme politique qui a été pendant huit ans au coeur du dispositif de l'Etat-Pds?

Et si Macky Sall était le jocker sur qui les libéraux comptent pour conserver le pouvoir au delà de 2012? Cette question qui paraissait saugrenue il y a peu, tant le leader de l'Apr était aux avant postes de l'opposition face à Wade, est devenue pertinente au regard des derniers développements de l'actualité. Dimanche 2 octobre 2011, à l'occasion de l'université d'été des jeunes de l'Alliance pour la République/Yakaar, le maire de Fatick lâche devant la presse qu'il est prêt à devenir le candidat des libéraux à la présidentielle de 2012. « Si la candidature du président Wade est invalidée et que le Pds estime que je peux constituer un recours, ils n'ont qu'à venir à l'Apr ou intégrer la coalition qui va soutenir ma candidature », dira-il exactement. Autrement dit, Macky ne trouve aucun inconvénient à ce que les proches de Wade viennent grossir les rangs de sa formation politique. Ce, au risque de voir l'Apr/Yakaar devenir un Pds-bis avec l'arrivée dans ses rangs des gros pontes de l'alternance. Devant l'emoi causé par cette sortie inattendue au sein de l'opinion publique, Macky Sall convoque dare dare un point de presse le lendemain pour repréciser sa pensée. L'objectif affiché est de nier tout rapprochement avec le Pds. Ainsi affirme t-il « sollenellement, et de la manière la plus ferme » que sa rupture avec le président Wade est une rupture politique. Et de préciser qu'il « ne sagit donc pas d'un dépit amoureux eu d'un banal divorce du fait d'intérêt particuliers ». Plus en détails, M. Sall s'érige en chevalier en croisade contre l'instrumentalisation des institutions, les velléités de transmission héréditaires du pouvoir, l'impunité et la logique de création d'une oligarchie qui s'accapare de toutes les ressources nationales. Mais quelle crédibilité accorder à la profession de foi de Macky Sall au regard des souvenirs encores frais dans les memoires de son long compagnonage avec Wade? Pur produit de l'alternance l'actuel « pourfendeur » du régime libéral a été tour à tour directeur général du Petrosen, ministre des Mines et de l'Industrie, ministre de l'Intérieur, Premier ministre, directeur de campagne du candidat Wade en 2007 et enfin président de l'Assemblée nationale. Autant dire qu'il a gravi tous les échelons pour se retrouver au sommet de l'Etat et Pds en tant que numero deux de cette formation politique. Elle n'est pas loin l'époque où Macky Sall s'énorgueuillait d'être l'un des fils spirituels de Wade. « Je ne vais pas revendiquer l'exclusivité de cette qualité (fils spirituel), mais naturellement, je suis son prolongement en tant que son proche collaborateur », avait-il déclaré avec fierté le jeudi 5 juillet 2007 sur le site « Innovation démocratique ». Quelques mois plutôt lors de la cérémonie d'investiture du candidat Wade à la présidentielle de 2007, l'actuel secrétaire général de l'Apr/Yakaar s'était fait remarquer par ses éloges dithyrambique à l'égard de la seule constante du Pds allant même jusqu'à le comparer à des pernnalités historiques comme Napoleon et Roosevelt.

En 2007, il avait comparé Wade à...Napoleon et Roosvelt

En croisade aujourd'hui  contre l'instrumentalisation des institutions, Macky Sall a été en 2005 le bras armé de Wade dans son entreprise de liquidation politique de l'ancien Premier  ministre Idrissa Seck. Pour cela, il avait convoqué  le 26 juillet 2005 au Méridien Président les ambassadeurs accrédités au Sénégal, des parlementaires et des représentants de la presse pour lire les rapports de l'Ige sur les chantiers de Thiès. Fait inédit, ce dossier top secret transmis au chef de l'Etat a été dé-classifié par ce dernier dans le but de « tuer » politiquement le maire de Thies qui sejournera par la suite des mois en prison. Lorsqu'Idrissa Seck décide en 2006 de créer son parti politique sous la dénomination de « Rewmi », il se heurte à l'opposition arbitraire du même Macky Sall à l'époque Premier ministre. Comme raison de cette interdiction, M. Sall avait fait savoir que «Rewmi, notre pays en langue nationale wolof, est un patrimoine collectif, un bien commun dont nul ne peut s’arroger l’exclusivité, quelle qu’en soit la finalité ». Malgré cette barrière, Idy s'est tout de même présenté à la présidentielle grâce à feu Insa Sankharé qui lui avait cédé le récépiscé du Front pour le progrès et la justice. Lors des locales de 2002, Macky Sall alors ministre des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique s'était fait remarquer dans le mauvais sens en votant sans sa carte d'identité, en violation du code électoral. Une attitude qui est loin d'être républicaine. Tout aussi antirépublicain est le fait pour Macky Sall de déclarer dans la nuit  du 25 au 26 février 2007 Abdoulaye Wade vainqueur de la présidentielle, bien avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel. Quelques jours plutôt, M. Sall s'était érigé en pourfendeur du système électoral à deux-tours. En effet, selon lui, «le modèle du second tour n’est pas sénégalais » et d'expliquer que « depuis qu’on fait des élections au Sénégal, en dehors de 2000, il y a jamais eu de deuxième tour. Ce qui se passe en France où l’électorat est très éclaté, ce n’est pas le cas de notre pays, sociologiquement et politiquement ». Il serait d'ailleurs intéressant de savoir si Macky Sall a changé d'opinion sur cette question maintenant qu'il est passé dans l'opposition.

Aujourd'hui opposant au régime libéral, Macky Sall n'a quitté le Pds que lorsqu'il a été demis de ses fonctions de président de l'Assemblée nationale par une résolution votée par la majorité des députés le 9 novembre 2008. Aussitôt ces derniers l'ont-ils débarqué de son perchoir de la place Soweto, aussitôt a t-il mis en place un directoire politique qui sera l'ancêtre de l'Apr/Yakaar. Toute choses  qui fondent à croire que n'eut été l'humiliation qu'il a subie après avoir convoqué Karim Wade à l'Assemblée nationale pour qu'il s'explique sur sa gestion de l'Anoci, Macky Sall serait à l'heure actuelle toujours du côté de Wade, son père spirituel. Ce qui fonde l'opinion de l'écrivain Mody Niang qui pense dans son dernier ouvrage Le clan des Wade : accaparement, mépris et vanité (Editions Sentinelles) qu'« un tel homme ne devrait pas pouvoir devenir tout d’un coup un homme neuf, blanc comme neige et n’ayant donc aucune part de responsabilité dans les scandales gravissimes qui ont entaché profondément l’horrible gouvernance libérale ».

Farba Alassane SY

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