PREMIER TOUR DE LA PRESIDENTIELLE 2012: Impact des réseaux sociaux dans la transparence du scrutin

Publié le par farbasy

PICT2475-copie-1Première présidentielle au Sénégal sous l’ère des réseaux sociaux, le scrutin du 26 février dernier a été une occasion de constater le rôle important joué par les technologies de l’information et de la communication dans la traque aux irrégularités. Grâce à Twitter, Facebook et aux téléphones portables, les Sénégalais se sont révélés être de véritables observateurs citoyens.
 
 
Si en 2000 les radios et les téléphones portables avaient joué un rôle important pour la transparence du scrutin occasionnant au passage l’accession de l’opposant historique Wade à la magistrature suprême, le premier tour de la présidentielle de 2012 a été marqué par l’émergence d’internet dans la surveillance des opérations des vote et la proclamation des résultats. En effet, il s’agit d’une innovation sociale dans le monitoring des élections. Douze ans plus tôt, les journalistes munis de leurs appareils de téléphone portables ont été de véritables sentinelles de la démocratie dans le sens où ils ont dénoncé en direct sur les ondes des radios Fm toutes les irrégularités tendant à entacher la sincérité du scrutin. Le 26 février dernier, en plus des journalistes, les citoyens lambda se sont impliqués dans la surveillance des opérations de votes. Cet engagement citoyen a été rendu possible grâce aux opportunités de prise de paroles offertes par les réseaux sociaux. En effet, les Sénégalais avaient la possibilité de signaler par sms, twitter et facebook toutes les irrégularités constatées dans les bureaux de vote mais aussi autour des centres de vote et même dans les quartiers. Ces informations envoyées par sms étaient reçues en temps réel et traitées par une équipe d’analyse basée à Dakar.
 
Samabaat champion dans la traque aux irrégularités
 
Grâce à Samabaat ou « notre voix » en wolof, une plateforme citoyenne d’information et de formation à la citoyenneté, les Sénégalais ayant à leur disposition un téléphone portable ou une connexion internet ont pu dénoncer tous les manquements liés au vote. Après vérification par une équipe de journalistes, ces données ont été publiées au grand public par le biais d’un système de visualisation des irrégularités sur une carte du Sénégal. Ainsi, toutes les alertes reçues le 26 février dernier ont bénéficié d’une géolocalisation, ce qui est un gage de crédibilité. Pour précision, le système de mapping utilisé par Samabaat repose  sur la technologie Ushahidi  utilisé pour la 1ère fois au Kenya lors des élections présidentielles de 2007. A l’époque, la technologie Ushahidi avait permis de prévenir les violences grâce à un travail d’alerte. A préciser que la plateforme Samabaat est le fruit d’une initiative portée par One World UK, le COSCE, Enda Diapol et la Plateforme des Acteurs Non étatiques, appuyés par l’ambassade du Royaume Uni à Dakar, Oxfam Novib, Osiwa et l’Union Européenne. Outre la surveillance des irrégularités du scrutin électoral, les électeurs sénégalais ont aussi la possibilité de trouver sur internet les ressources nécessaires leur permettant de voter en toute connaissance de cause.  Doté d’un profil Twitter très actif, la plateforme http://www.samabaat.com donne la possibilité d’avoir toutes les informations utiles sur la présidentielle de 2012. Ils peuvent ainsi connaitre l’identité des candidats, leurs différents agendas etc.
 
La plateforme Senevote2012 a reçu 8364 sms le jour du scrutin
 
Outre Samabaat, la plateforme www.senevote2012.com a mis en place une cartographie numérique pour appuyer le travail du collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE). Lors du premier tour de la présidentielle, exactement 588 observateurs envoyaient par sms, c’est en dire en temps réel, des données issues directement des bureaux de vote. Permettant ainsi à un plateau technique basé dans une grande salle d’un hôtel dakarois d’avoir une vue globale du scrutin et de transmettre, si besoin, ces information à une chambre politique en vue d’une médiation avec les autorités en charge de l’organisation de l’élection. Plus précisément, la plateforme senevote2012.com a observé 1546 bureaux de votes répartis dans les quatre coins du pays. De même, quelques 8364 sms ont été reçus. Au terme de la soirée électorale du 26 février dernier, senevote2012.com a constaté un scrutin globalement bien organisé en dépit de retards dans l’ouvertures de certains bureaux de vote et de 14 incidents graves comme des cas de bagarres, d’arrêts de vote et d’achats de conscience. A préciser que la plateforme senevote.com est mise en place par l’ong One World et financée par l’ambassade de la Grande Bretagne et l’ong Oxfam Novib.
 
 
 
Farba Alassane SY
 
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