PREIDENTIELLE 2012: Débâcle annoncée pour les candidats indépendants?

Publié le par farbasy

drapeau senegal[1]Jamais dans l'histoire politique du Sénégal les candidats indépendants n'ont dépassé la barre d'1% à une élection présidentielle. Cette tendance est aussi notée dans les grandes démocraties comme la France et les Etats-unis. D'où cette questions: les indépendants iront-ils au casse-pipe en 2012?

 

Ibrahima Fall, Amsatou Sow Sidibé, Arona Ndoffene Diouf, Cheikh Tidiane Gadio. A huit mois de la prochaine présidentielle, déjà 4 candidats indépendants projettent de prendre part à ces joutes électorales. Au rythme où vont les choses, il ne serait pas surprenant que d'autres personnalités non issues de partis politiques sortent du bois pour affronter la citadelle du pouvoir tenue par les libéraux. D'où cette question: les candidats indépendants ont-ils une une chance de ravir la victoire aux hommes politiques? A la lumière de l'histoire politique sénégalaise, la réponse à cette interrogation est non.

Jamais dans une élection présidentielle au Sénégal, un candidat indépendant n'a atteint la barre de 1%. C'est comme si les Sénégalais ont du mal à prendre au sérieux ces candidat non issus de formations politiques. A ce jour, l'économiste Mamadou Lô est le seul à avoir dépassé la barre des 0,80%. C'était en 1993, année où le Sénégal venait d'enregistrer son premier candidat indépendant de son histoire. Cette année là, Mamadou Lô n'avait récolté que 11 058 voix, se classant ainsi en queue de peloton derrière des politiques comme Madior Diouf, Iba Der Thiam, Abdoulaye Bathily, Landing Savané, Abdoulaye Wade et Abdou Diouf. Sept ans plus tard Mademba Sock, au sommet de sa notoriété médiatique, après son bras de fer syndical contre le pouvoir socialiste, n'aura pas fait mieux que Mamadou Lô. A l'issue du premier tour de la présidentielle de 2000, il n'aura reccueilli que 0,6% de voix loin derrière Cheikh Abdoulaye Dièye du Fsd/Bj (1%), Serigne Ousseynou Fall du Mdc (1,1%), Iba der Thiam du Cdp/Garap bi (1,2%), Djibo Kâ de l'Urd (7,1%), Moustapha Niasse de l'Afp (16;8%), Abdoulaye Wade du Pds (31%) et Abdou Diouf du Ps (41,3%). Là aussi, comme en 1993, les hommes politiques se sont imposés grâce à leur implantation nationale et à leurs redoutables machines politiques capable de mener campagne dans les quatre coins du Sénégal. Moyens que n'avait pas Mademba Sock, qui se contentait plus de déclarations faites dans les studios de télévision en lieu et place des meetings sur le terrain. Cette même tendance va se renouveler à la présidentielle de février 2007. Sur les quinze candidats à prendre part à cette compétition électorale, les indépendants au nombre de quatre seront finalement relégués en dernière position à l'issu du scrutin. Le mieux classé d'entre eux, Mamadou Lamine Diallo du Mouvement Tekki aura recueilli 0,48% de voix. Il sera devant Modou Dia 0,13% de suffrages, Aliou Mbaye « petit » (0,26%) et Me Mame Adame Gueye (0,40%). Tout de même, certains candidats indépendants parviendront à dépasser Doudou Ndoye de l'Union pour la République (0,29%). Maigre consolation tout de même puisqu'ils seront distancés de loin par les partis politiques que sont le Pds, Rewmi, Ps et Afp qui récolteront respectivement 55,90%, 14,92%, 13,56% et 5,93%.

Comme on l'aura remarqué, les Sénégalais n'ont pas l'habitude de réserver leur suffrage aux candidats indépendants. Même cas de figure en France, où José Bové, premier candidat sans étiquette dans la longue et riche l'histoire politique de ce pays, n'a récolté que 1,32% de voix à l'issue du premier tour de la présidentielle de 2007. De l'autre côté de l'Atlantique, Ralph Nader, en tant que candidat indépendant aura 0,56% à la présidentielle de 2008. Un score, portant considéré comme le meilleur obtenu par un petit candidat à ce type d'élection en Amérique. Pour voir un candidat indépendant sortir vainqueur d'une élection présidentielle, il faut lorgner du côté du Benin, où le banquier Yayi Boni a réussi en 2006 l'exploit d'être élu au second tour avec 74,5% de voix devant le politique Adrien Houngbedji. En faisant acte de candidature, Ibrahima Fall, Cheikh Tidiane Gadio, Amsatou Sow Sidibé et Arona Ndoffene Diouf veulent rééditer le coup de Yayi Boni. Pour cela, il leur faudra neutraliser en 2012 les redoutables machines électorales du Pds, Ps, Afp et Rewmi. Ce qui peut relever de l'exploit.

Farba Alassane SY

 

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