POUR CONTOURNER UNE EVENTUELLE INVALIDATION DE LA CANDIDATURE DE WADE: Le pouvoir concocte une stratégie de passage en force en 2012

Publié le par farbasy

Une modification de la constitution ou à défaut, une loi interprétative pour valider la candidature de Wade en 2012, telle est la botte secrète du président pour participer à la prochaine échéance présidentielle. L'Alliance Sopi pour toujours a dévoilé hier cette stratégie présidentielle qui fleure bon un passage en force.

 

Que les Sénégalais se le tiennent pour dit: le régime libéral n'a pas l'intention d'assister avec passivité à une éventuelle invalidation de la candidature de Wade à la présidentielle de 2012. Oumar Sarr, ministre maire Pds de Dagana et président de la commission électorale de l'Alliance Sopi pour toujours l'a fait savoir hier à Dakar au cours d'un déjeuner de presse de la coalition du pouvoir. Abordant la prochaine compétition électorale, ce responsable libéral a déclaré que le pouvoir ne va jamais aller à l'improviste à cette élection sans pour autant s'assurer au préalable que Wade sera éligible. Dans le cas où la candidature de Wade poserait problème au niveau du Conseil constitutionnel, « nous sommes prêts à repartir à l'assemblée nationale et à modifier la loi en conséquence », annonce Oumar Sarr. Selon ce cacique du Pds, il existent deux hypothèses pour contourner un éventuel recalage de Wade. Citant ces deux possibilités, le maire de Dagana déclare dans un premier temps: « On peut tout de suite aller proposer une loi à l'Assemblée nationale. On va dire à nos députés, il y a trop de bruits sur cette question, voyons comment on peut travailler à modifier la loi. Nous avons la possibilité de le faire. Personne ne peut nous interdire de modifier la loi ». La même source ajoute: « L'autre possibilité c'est de demander à l'Assemblée nationale d'interpréter 'positivement' » la loi bloquant à deux le nombre de mandat présidentiel. Présent lors du déjeuner de presse, Djibo Kâ de l'Urd a confirmé les propos de son allié Oumar Sarr. « Il n'est pas exclu que l'Assemblée nationale vote une loi interprétative de la constitution actuellement en vigueur chez nous », a t-il indiqué. Constatant certainement la gravité de ses propos, le « rénovateur » s'est tout  de même partiellement ravisé. « Je n'ai pas dit que ce sera fait mais ce n'est pas à exclure pour que le débat soit classé une bonne fois pour toute », s'est-il rectifié. A la suite de ces révélations, Aliou Dia, l'actuel coordonnateur de l'Alliance Sopi, a de son côté confirmé cette hypothèse de tripatouillage de la constitution pour permettre au président Wade de se présenter candidat en 2012. Selon le député Aliou Dia, un noyau de parlementaires travaillent déjà autour de cette question de loi interprétative. « Au besoin, une loi interprétative sera introduite à l'Assemblée nationale et les députés réfléchissent déjà sur cela », a t-il indiqué à l'assistance. 

Autant dire que le Sénégal s'achemine vers l'élection présidentielle de tous les dangers en 2012. En effet, l'opposition conteste vigoureusement la validité de la candidature de Wade tandis que le pouvoir est prêt à tous les stratagèmes pour valider celle-ci. Anticipant sur la possible réaction   de l'opposition à la démarche électoraliste de son alliance, Oumar Sarr du Pds est d'avis que Bennoo serait prêt à dire que le Sénégal a un « Conseil constitutionnel à la Gbagbo ». 

Farba Alassane SY

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