OFFRE DE PRESIDENTIELLE ANTICIPEE A L'OPPOSITION: Wade prêt à écourter son mandat

Publié le par farbasy

wade[1]A l'opposition qui exige le retrait de sa candidature en 2012, Abdoulaye Wade lui offre une occasion de le confronter à l'occasion d'une présidentielle anticipée qui pourrait être organisée dans un délai de deux mois. Le président Wade se dit aussi prêt à associer ses adversaires politiques dans la gestion de l'Etat. Reste à savoir, s'il acceptera de confier les stratégiques ministères de l'Intérieur et de la Justice à ces derniers pour une compétition électorale apaisée.

 

Coup de tonnerre dans le marigot politique sénégalais déjà fortement agité depuis le mémorable soulèvement populaire du 23 juin dernier, le chef de l'Etat est prêt à organiser une présidentielle anticipée pour en découdre avec l'opposition ! Après un long mutisme de 21 jours, Abdoulaye Wade a sorti une de ces trouvailles dont lui seul a le secret: il remet en jeu son mandat présidentiel qui doit pourtant arriver à terme dans sept mois. « Si l'opposition est pressée et si elle est certaine de détenir la majorité, je peux envisager une élections présidentielle anticipée. Si cela est nécessaire pour la cohésion sociale et la concorde nationale », a t-il lancé hier au cours de sa rencontre avec les élus de la majorité présidentielle à l'hôtel des Almadies. Prenant ainsi de cours la quasi totalité des Sénégalais. Une annonce qui a eu pour effet de galvaniser l'enthousiasme de l'assistance qui a réservé un stading ovation au leader du Parti démocratique sénégalais. Visiblement fier de l'effet de son annonce, le président de la République explique les modalités de cette élection anticipée. Il fait savoir que la Constitution lui permet d'organiser une présidentielle par anticipation dans un délais qui se situe entre 60 jours au maximum et 40 jours au minimum. D'où ce défi lancé à ses adversaires politique: « Par conséquent, si l'opposition le veut dans 40 jours nous pouvons faire des élections présidentielles. Ceux qui veulent le pouvoir ici et tout de suite devraient y trouver leur compte ». Et histoire de rassurer le camp d'en face, il assure qu'il va féliciter le vainqueur si à l'issue d'une élection anticipée ou à la date normale au cas où le peuple décide de confier le pouvoir à une personne autre que lui. Et de préciser: « mais je crains que le vainqueur dans les deux cas ne soit finalement que moi. Ce n'est pas un excès d'optimisme mais une lecture correcte des rapports de force ». Applaudissemnts et vivats dans la salle pleine a craquer de libéraux.

 

Prêt à travailler avec l'opposition

Au préalable, le président Wade a déclaré être prêt « à associer l'opposition à l'exercice du pouvoir (…) si cela peut acheminer sereinement vers des élections apaisée, démocratiques, transparentes et irréprochables». Mais il précise tout de même que ce n'est pas une obligation mais juste une option facultative. Reste à savoir si l'opposition acceptera d'entrer dans le Gouvernement. Et si en cas d'élection  présidentielle anticipée Wade acceptera de confier à ses adversaires les départements stratégiques comme l'Intérieur et la Justice.

 

Sur son annonce en 2007 de ne pas se préssenter en 2012: « les promesses ne sont faite que pour ceux qui y croient »

Autre information de taille, Abdoulaye Wade a décidé de maintenir coûte que coûte sa candidature en dépit de l'hostilité d'une frange importante de Constitutionnalistes qui ne lui reconnaissent pas le droit de postuler à un troisième mandat. L'actuel président de le République n'en a cure de ces reproches assurant en Wolof qu'il ne peut pas être exclu de la prochaine bataille électorale. A ceux qui lui rétorquent qu'il avait déclaré en 2007 ne sera pas être candidat en 2012 puisque la Constitution le lui interdit, Wade donne cette réponse d'une légèreté affligeante, « les promesses n'engagent que ceux qui y croient ». Une phrase qui pourrait anéantir pourtant toutes les promesses qu'il a tenues quelques instants plus tôt aux Sénégalais dont les plus marquantes sont la fin des délestages pour le mois de septembre prochain, la création de 100 000 emplois pour les jeunes, la constructions de sites de recasement pour les marchants ambulant etc.

Autre déclaration et pas des moindres, Abdoulaye Wade rejette en bloc toute intention de vouloir transmettre le pouvoir à son fils Karim. « Etant arrivé moi même au pouvoir par la vertu des urnes, je ne saurais envisager un autre mode de dévolution du pouvoir autrement que par la volonté librement exprimée des citoyens, y compris le legs à mon fils comme le disent certains. Je l'exclue totalement de mes préoccupations. Ce que certains appellent la dévolution monarchique du pouvoir, c'est tout simplement de la médisance parce que ce n'est pas dans ma ligne qui est caractérisée par une option constante pour la démocratie et le respect de la volonté populaire », assure t-il.

Farba Alassane SY

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