MANIFESTATIONS SUITE AU MEURTRE DE MALICK BA: Vers un « Vendredi de colère » à Dakar

Publié le par farbasy

1949241734[1]Ce vendredi sera une journée de colère et de deuil décrétée par la jeunesse de l'opposition. Les Dakarois sont appelés à se rendre massivement à la mosquée sise aux allées Khalifa Babacar Sy pour la prière de 14h puis à participer à un sit-in devant le ministère des collectivités locales situé juste à côté.

 

Une journée de deuil et de colère, voilà ce que risque de devenir ce vendredi en réaction au meurtre lundi dernier du jeune Malick Bâ abattu par les gendarmes. A Dakar, des messages circulent pour appeler à la mobilisation générale après le prière de 14 heures. Selon les initiateurs de ce mouvement d'humeur, il s'agit de prier pour le repos de l'âme du martyr de Sangalkam mais aussi de pointer un doigt accusateur vers le ministre Aliou Sow, l'initiateur du controversé découpage administratif à l'origine de la levée de bouclier des populations de Sangalkam. Toujours selon les sms circulant à Dakar, les Sénégalais sont appelés à s'habiller en noir ce vendredi et à se rendre à 14 heures à la mosquée sise aux Allées Khalifa Babacar Sy. Ensuite, cap au ministère des collectivités locales situé à un jet de pierre de la maison de Dieu pour un sit-in.

Ce procédé consistant à manifester après la prière de vendredi est généralement utilisé dans les pays du moyen orient. Que ce soit en Egypte, Syrie, Iran, Yemen etc,  les oppositions profitent des rassemblements dans les mosquées pour conspuer soit le pouvoir, soit l'occident. « Vendredi de la colère », « vendredi de la haine » ect, telles sont les quelques dénominations de ces mouvements d'humeur.

Au Sénégal, la mort du jeune Malick Bâ risque d'exacerber un sentiment de colère largement présent auprès des populations avec les délestages d'électricité et les scandales politico-financiers qui éclaboussent le pouvoir à intervalles régulières. C'est dans ces conditions qu'intervient la manifestation prévue aujourd'hui. Reste maintenant à connaitre l'attitude des autorités administratives face à ce projet de sit-in. Vont-elles laisser les populations exprimer leur colère en encadrant la manifestation? Ou prendront-elles le risque de l'interdire, ce qui pourrait créer des débordements? Un deuxième scénario synonyme de danger pour la paix civile et de détérioration de l'image de marque du Sénégal.

Farba Alassane SY

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