Lula/ Wade : une comparaison bien cruelle

Publié le par farbasy

En cette année 2010, l'océan Atlantique ne sépare pas seulement le Sénégal du Brésil. Cette vaste étendue d'eau délimite d'une manière insolente l'échec du succès.  Si le pays de la Samba et de la Capoeira a réussi de fort belle manière, en l'espace d'une décennie, à décoller sur presque tous les plans, tel n'est pas le cas pour le pays de la Téranga qui s'éternise désespérément dans la misère et le sous développement. Il faut souligner que ces deux nations ont connu une évolution politique presque similaire durant les dix dernières années. Ils ont tous les deux connu une alternance démocratique qui a amené au pouvoir  Lula et Wade, deux figures majeures de l'opposition qui sont tous les deux arrivés au pouvoir après trois tentatives infructueuses. Comme son homologue brésilien en 2006, Abdoulaye Wade a été aussi réélu triomphalement en 2007 au premier pour un second mandat avec plus de 55% des suffrages. Mais la comparaison s'arrête là.

Le président brésilien, bien que bénéficiant encore d'une côte de popularité dépassant les 80%, a préféré respecter la Constitution de son pays en ne briguant pas un troisième mandat. Il faut ajouter que le bonhomme a encore son avenir devant lui  puisque n'étant âgé que de 65 ans. Tout le contraire de notre Gorgui national qui entend se présenter à 86 ans à un troisième mandat que le constitution sénégalaise récuse pourtant. C'est à se demander si la raison et la sagesse ont pris les larges de l'Atlantique pour se réfugier à Brasilia.

La différence entre Lula et Wade ne se limite pas seulement dans leur conception de la démocratie. Le Brésilien a un bilan frisant l'insolence. Il a réussi en 8 ans à réduire la pauvreté de manière considérable en faisant accéder 29 millions de ses concitoyens à  la classe moyenne. Avec le plan « Bolsa familial », Lula a permis à 50 millions de Brésiliens de recevoir un minimum vital avec comme condition d'envoyer les enfants à l'école et de les faire vacciner. Wade qui a été élu en 2000 pour résoudre la demande sociale ne peux pas se targuer d'avoir un tel bilan. C'est durant son magistère, que le Sénégal a rejoint le peloton peu enviable des pays les moins avancés de la planète (Pma). Relégué en 166ème position sur 182 pays par le classement 2008 de l'indice de développement humain, le Sénégal de 2010 sont resté aussi pauvre qu'en 2000. Même dans la diplomatie, domaine qu'affectionne tant le si diplômé Wade, l'ancien ouvrier métallo  Lula a une longueur d'avance. Si l'influence du Sénégal est en perte de vitesse au profit de pays comme le Burkina, le Brésil est devenu en l'espace de 8 ans une puissance diplomatique mondiale. Le président sénégalais en sait quelque chose, lui dont le rôle dans la libération de la prisonnière française Clotilde Reiss en Iran a été récemment minimisé par la France au profit de son homologue brésilien. Il faut dire que  Lula, qui est devenu entretemps le leader des dirigeants latino-américains, a été désigné personnalité de l'année en 2009 par le quotidien le Monde et dirigeant le plus influent au monde l'année suivante par le magazine américain Time. Pendant ce temps, le chef de l'Etat sénégalais court désespérément  derrière un prix Nobel de la paix et une audience avec le président américain Barack Obama. 

Assurément, Lula a la Baraka. Tout ce qu'il touche se transforme en or. Fort d'un tel bilan positif, il est certain de placer le dauphin de son choix à la tête du Brésil. Elle s'appelle Dilma Rousseff et pourrait être élue dès le premier tour par les Brésiliens à l'issue de la présidentielle de dimanche. Un scénario que Wade ne connaîtra certainement pas, lui qui est au plus bas dans les sondages à deux ans de la prochaine élection présidentielle. Le bras de l'enfant du monument de la Renaissance africaine pointé sur l'océan atlantique est pertinent à plus d'un titre. Il montre à son concepteur Abdoulaye Wade  la voie à suivre pour être un grand dirigeant politique: celle tracée par Luiz Inácio Lula da Silva. 

Farba Alassane SY  

 

 

 

 

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SARR Ibou 15/02/2011 16:00


Excellent article.
On voit vite ou s’arrête les comparaisons entre les deux présidents et leurs résultats économiques.