LE PROCESSUS ELECTORAL EN PERIL: Le nouveau directeur de la Daf, un personnage suspect

Publié le par farbasy

Le nouveau chef de la Direction de l'automatisation des fichiers est un homme traînant beaucoup de casseroles derrière lui. Pour un département aussi stratégique pour le processus et nécessitant un individu au dessus de tout soupçon à sa tête, la nomination du commissaire de division Ibrahima Diallo est incompréhensible.

 

A 11 mois d'une élection présidentielle de tous les dangers, le pouvoir vient de nommer le très controversé commissaire de police divisionnaire Ibrahima Diallo à la très stratégique direction de l'automatisation des fichiers du ministère de l'Intérieur. Cet ingénieur informaticien et spécialiste en application aura la lourde tâche de gérer la centralisation et le traitement des informations relatives aux fichiers des élections puis la diffusion des résultats nécessaires à la prise de décision. Ce, nonobstant les attributs de la direction générale des élections. Le commissaire, Ibrahima Diallo, se trouve dès lors au coeur du processus électoral. Seulement, est-il apte à occuper un tel poste nécessitant une rigueur et une probité morale irréprochable. Tel ne semble pas être le cas au vu des casseroles que traînent le nouveau directeur de l'automatisation du fichier.

Impliqué dans une affaire de détournement de fonds de l'Anoci…

En effet, Ibrahima Diallo est impliqués dans un scandale de détournement de près de 100 millions de Francs du budget de la sécurité du sommet de l'Oci. De même, son nom est cité dans une affaire de marchés fictifs au ministère de l'Intérieur. A rappeler que l'accusé était à la tête de la direction du matériel et du budget du ministère de l'Intérieur au moment des faits.  Dans la première affaire, l'audit des fonds destinés à la sécurité du sommet de l'Oci estimé à 2 milliards de francs et géré par le commissaire Ibrahima Diallo a révélé un trou dans la comptabilité. En effet, il a été découvert des bons d'engagements souscrits de manière irrégulière. De même, beaucoup de gendarmes, policiers et militaires engagés au moment du sommet pour assurer la sécurité à Dakar, se sont plaint de ne pas avoir perçu leurs indemnités. Toutes choses qui avaient poussées, Cheikh Tidiane Sy, ministre de l'Intérieur à l'époque, à ouvrir, en novembre 2008, une enquête confiée au directeur de la police judiciaire, Mamadou Thiandoum. Ibrahima Diallo et le colonel Abdoulaye Ndiaye, son adjoint à la direction du budget et du matériel ont même été entendus par les limiers de la Division des investigations criminelles.

…Ainsi que dans un scandale de marchés fictifs au ministère de l'Intérieur

Le second scandale impliquant le commissaire divisionnaire Ibrahima Diallo fait suite à une plainte déposée par l'agent judiciaire de l'Etat  le 3 avril 2009 devant le parquet. Il a été reproché au policier d'avoir cédé des marchés fictifs à Ngagne Mbaye et Abdoul Karim Gueye respectivement patron de "Disso Sa" et "Sene Afrique". Le premier a acquis un marché relatif à la construction de 10 services et annexes de la direction générale de la sûreté nationale au centre national de passeport. Chantiers qui n'ont jusque là pas vu le jour. Quant au second, il lui est reproché d'avoir encaissé la somme de 270 785 826 francs pour la réalisation des brigades mobiles de Louga Saint-Louis et Matam ainsi que la restauration des appartements de la cité police.

A l'heure actuelle, l'affaire de détournement du budget de la sécurité du sommet de l'Oci et celui des marchés fictifs du ministère de l'Intérieur sont toujours pendants devant la Justice. En lieu de punition, le commissaire Ibrahima Diallo a, au contraire, eu droit à des promotions comme sa nomination au poste de consul du Sénégal après son départ de la direction du matériel et du budget du ministère de l'Intérieur. En décidant de nommer un tel individu le 18 mars dernier à la tête de la direction de l'automatisation du fichier, le président Wade prend le risque de conforter les suspicions de l'opinion publique et de l'opposition à propos du processus électoral. Pourquoi cette importante nomination a t-elle été décidée à un moment où tous les Sénégalais avaient la tête tournée vers les manifestations du 19 mars? De même, que cache le récent mouvement noté au niveau du commandement territorial à moins d'un an de l'élection présidentielle? Autant de signes qui ne plaident pas à l'instauration d'un climat serein à un moment où le pouvoir est soupçonné d'écarter plus d'un millions de nouveau citoyens majeurs du fichier électoral. Sans compter que les Sénégalais de la diaspora s'estiment être exclus de la révision exceptionnelle de la liste électorale du fait de l'absence d'agents chargés de la confection de cartes d'identités dans les commissions hors du Sénégal.

 

Farba Alassane SY

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