LE PRESIDENT SUR LE POINT D'ABDIQUER: Wade prêt à partir si les libéraux ne mobilisent pas le 23 juillet

Publié le par farbasy

wade_fache-1-.jpgSi les Sénégalais ne sortent pas en masse le 23 juillet pour défendre leur président de la République, Abdoulaye Wade quittera le pouvoir. Le principal intéressé a fait cette confession hier lors d'une rencontre avec les enseignants libéraux. De même, Wade a appelé ses partisans à s'opposer par tous les moyens aux militants du M23, y compris par la force.

 

Fortement contesté par le Mouvement du 23 juin, le président Wade envisage en ce moment de quitter le pouvoir. Sa dernière bouée de sauvetage est la manifestation que les libéraux envisagent d'organiser en son honneur le 23 juillet prochain. Au cas où la mobilisation serait maigre, le président de la République promet de rendre le tablier. Il a fait cette annonce hier à l'hôtel des Almadies à l'occasion de la conférence nationale des enseignants qui soutiennent la politique éducative de Me Wade. « Le 23 (juillet) on invite tous les Sénégalais à venir pour me dire de ne pas partir, sinon je vais partir je vous préviens », a t-il lancé à l'assistance. Mais non sans présicer que « si un président part dans le désordre c'est la régression totale ».  Une phrase qui a été prononcée dans une tonalité grave, histoire d'installer la peur dans la conscience collective. Toujours dans l'argumentaire du « Moi ou le chaos », Abdoulaye Wade fait savoir que son départ précipité va entrainer « le pays en arrière ». « Les gens vont se battre et se détruire », previent t-il avant d'ajouter qu'aucun « Sénégalais ne doit accepter cela, même ceux qui sont avec moi ».

Dans son discours, Abdoulaye Wade a beaucoup fait référence au général De Gaulle. On se rappelle que cet ancien président français était en 1968 dans la même posture que Wade. Chahuté par la rue, l'homme du 18 juin n'a dû son salut qu'à une forte mobilisation en sa faveur sur la grande avenue des Champs Elysées de Paris. A l'époque, plus d'un million de Gaulliste avaient  manifesté poussant ainsi le vieux général à dire son fameux « Je reste ».  Samedi, Abdoulaye Wade espère réaliser le même coup que le général De Gaulle en 1968. Pour cela, le grand Boulevard de la Vdn devrait servir de Champs Elysée à la foule de militants libéraux.

 

A ses militants : « il faut resister physiquement »

Histoire de galvaniser ses troupes, Abdoulaye Wade n'a pas hésité à utiliser un champ lexical faisant référence à la violence. « Il faut résister physiquement », a t-il dit à ses supporters insistant au passage sur le mot physiquement. Toujours dans cette même veine, le président ajoute: « Il ne faut pas accepter que des gens viennent allumer des incendies, brûler ici. Il faut les neutraliser par tous les moyens et les livrer aux forces de l'ordre pour que la justice puisse se prononcer ». Et de lancer en Wolof « Bou Lene Yokh yokhi » (n'ayez pas peur) à ses militants. Une déclaration qui sonne comme un appel à la constitution de milices pour défendre son régime. Dans les faits, les libéraux sont en train d'installer dans chaque quartier des Comités de défense de la démocratie et des institutions pour faire face au Mouvement du 23 juin. Selon Wade, la force morale, la conviction et la masse sont avec le Pds.  C'est pourquoi il dit au camp d'en face que « lorsqu'on est faible, on n'appelle pas à la violence ». Et de finir son discours par l'expression d'avertissement: « à bon entendeur salut ».

Farba Alassane SY

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