LE DROIT A LA MARCHE EN PERIL AU SENEGAL:50 jeunes de l'Afp incarcérés pendant 10h à la Police

Publié le par farbasy

PICT0202Cinquante militants de l'Afp qui voulaient inciter samedi les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales ont été arrêtés par la police puis détenus pendant 10h de temps dans quatre commissariats de Dakar. Le droit à la marche est en péril au Sénégal.

 

C'est devenu maintenant une habitude, les autorités publiques ont encore fois interpellé des opposants qui ont eu le tort de manifester comme l'autorise l'article 10 de la Constitution du Sénégal. Cette fois-ci, il s'agit de 50 jeunes militants de l'Alliance des forces du progrès qui ont été arrêtés samedi dernier au niveau des ronds point Jet d'eau et Liberté 5 puis détenus de 10h à 20h dans les locaux de quatre commissariats de Dakar. Leur répartition est comme suit: 25 à Dieuppeul, 12 à Point E, 11 à Grand Dakar et 2 aux Hlm. Il est reproché, en effet à ces derniers d'avoir outre passé une interdiction préfectorale de manifester et de « troubler l'ordre public ». Les forces de l'ordre avaient d'ailleurs fortement quadrillé tout le secteur allant de Jet d'eau au rond point de Liberté 5.

En lieu et place de manifestation violente les jeunes partisans de Moustapha Niasse arrêtés voulaient effectuer une caravane citoyenne dans les rues de Grand Dakar, Dieuppeul et Derklé pour inciter les jeunes à aller s'inscrire massivement sur les listes électorales. Dans un trac qu'ils avaient l'intention de distribuer, il était donné des conseils et éclairages à propos des démarches à suivre pour obtenir sa carte d'identité et d'électeur. Seulement, ils n'ont pas eu le temps de dérouler leur plan d'action, stoppés par des policiers équipés pour faire face à une émeute. Une situation qu'a dénoncé avec vigueur le président du Conseil régional de Dakar Malick Gakou, venu s'enquérir de l'état de ses jeunes camarades détenus au commissariat de Dieuppeul.  Selon le numéro deux de l'Afp, « des actions plus vigoureuses vont être enclenchées par les jeunes de l'Afp pour que les Sénégalais aient leurs cartes d'identités ».  Même son de cloche du côté de Malick Diop, maire de Fann Point E Malick Diop. A l'en croire, puisque « l'Etat veut la confrontation, alors il aura la confrontation » et d'ajouter que « s'il n'y a pas de démocratie, la démocratie sera alors dans la rue ». Mame Abdou Laye Toukara 1er adjoint au maire de Dieuppeul a pour sa part fait savoir que les jeunes arrêtés sont en règle avec la Constitution, puisque les textes de la République reconnaissent le droit à la marche. « Je ne comprends pas, pour être interpellé il faut connaître une infraction. Le fait de sortir et d'inciter les gens à s'inscrire est une chose noble qu'il ne faut pas réprimer », renchérit Aminata Sow, responsable des élèves et étudiants de l'Afp. Un constat d'amertume que partage Zator Mbaye, secrétaire général adjoint du  mouvement national des jeunes progressistes. « A chaque fois que l'opposition veut faire quelque chose nous sommes réprimés », indique t-il. Le secrétaire général du Mnpj Ousmane Gueye a quand à lui eu moins de chance que son second puisqu'il fait partie des personnes détenues samedi dernier dans les cellules des commissariats dakarois.

Avant les jeunes progressistes, ceux de l'Aprs/Yakaar ont, la même semaine fait les frais d'une répression policière aux Parcelles assainies. Ces partisans de Macky Sall ont été privés de Sit-in afin d'exiger des cartes d'électeurs pour les 1 300 000 jeunes exclus du fichier électoral. Ainsi, ont-ils été interpellés par les forces de l'ordre avant d'être relâchés quelques heures plus tard. Le 4 avril dernier, c'était au tour de Talla et de quelques 70 militants de l'Alliance Jëf Jël d'être privés de marche et jetés dans les cellules de commissariats  de police. Au rythme ou vont les choses, il serait bon de se demander si le Sénégal est toujours une démocratie où il est reconnu aux citoyens le droit de marcher. Jusqu'à preuve du contraire, la Constitution sénégalaise stipule dans son article 10 que « chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l’image, la marche pacifique, pourvu que l’exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l’honneur et à la considération d’autrui, ni à l’ordre public ». Le président Wade est interpellé.

Farba Alassane SY

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