ELECTIONS LEGISLATIVES: Bérézina programmée du Pds

Publié le par farbasy

pds[1]Le ciel est tombé sur la tête du Pds. En perdant le pouvoir exécutif, la formation politique libérale est devenue plus que vulnérable. Elle aborde les prochaines législatives avec nombre d’handicaps.

 

Toujours assommé par le cinglant KO infligé par Macky Sall, le Parti démocratique sénégalais veut  profiter des prochaines législatives pour panser ses blessures. A peine l’humiliante défaite de Wade à la présidentielle consommée, les libéraux se préparent pour la bataille pour le contrôle de l’Assemblée nationale. Toujours majoritaires à la chambre basse du Parlement, ces derniers risquent pourtant  de perdre cet avantage au profit de la coalition Bennoo Bokk Yakkar. En effet, ragaillardie par le plébiscite populaire obtenu le 25 mars, le nouveau pouvoir devrait, en toute logique, ne rencontrer aucun obstacle pour prendre le contrôle de l’hémicycle. Le régime de Macky Sall aura en face de lui un Pds qui n’est devenu que l’ombre de lui-même.

 

Un parti désormais isolé

Accompagné jusqu’ici par une pléiade de formations politiques, le Parti démocratique sénégalais est devenu esseulé. La Cap 21, qui était naguère la coalition de partis gravitant autour du défunt pouvoir libéral, n’existe plus. Elle n’a plus sa raison d’être pour la simple raison qu’elle avait pour but de soutenir l’action du président Wade. Ce dernier ayant perdu le pouvoir, la mission de la Cap 21 prend fin. Désormais, le Pds sera laissé à son propre sort face aux attaques de ses adversaires. Il n’aura plus droit à une défense acharnée d’Iba Der Thiam et de Mame Mactar Gueye, pour citer les noms du coordonnateur et du porte-parole de la désormais défunte Cap 21. Pis, le Pds se retrouve sans alliés stratégiques. De fait, il est devenu le parti le plus isolé de l’échiquier politique du pays. Symbole de cette dislocation de l’ancienne majorité présidentielle : l’Urd de Djibô Kâ et le Pr d’Abdourahim Agne ont chacun décidé d’engager les prochaines législatives sous sa propre bannière. A préciser que le Pds va engager la prochaine bataille électorale sans les avantages que lui procuraient jusqu’ici le pouvoir. Exit la caisse noire, l’appui de l’administration ou encore les avantages logistiques comme les véhicules, avions et hélicoptères pour battre campagne.

 

Le péril des défections

Comme pour ne rien arranger, le Parti démocratique sénégalais risque l’implosion après la perte du pouvoir. Abdoulaye Wade a beau décidé de rester aux commandes de cette formation politique vieille de plus de 35 ans, histoire de sauver les meubles, le Pds va inéluctablement se désagréger. Un certain nombre de responsables libéraux estiment que Wade a fait son temps et qu’il doit laisser la place à la jeune génération. Le député libéral Wack Ly est de ceux-là. A l’en croire, l’actuel secrétaire général national du Pds a aujourd’hui atteint ses limites. Toujours selon lui,  «les libéraux doivent se séparer de Me Wade » et former « une équipe jeune pour aller aux législatives». Aux dernières nouvelles, Wack Ly ainsi que d’autres députés libéraux comme Aliou Seck de Koungheul, Ousmane Ba de Kanel, Adama Sow de Linguère, Moustapha Cissé de Nioro ont été, selon le quotidien l’Observateur, reçus lundi par le nouveau président Macky Sall. Et si cela constituait des signes avant-coureurs d’une saignée ? On ne sait jamais. Déjà que le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé est à deux pas de tourner le dos au parti de Wade. Dans sa velléité d’émancipation, ce dernier est, à en croire nos confrères de L’Observateur, épaulé par les anciens ministres Mamadou Lamine  

 Mamadou Lamine Keita, Moustapha Guirassy, Ndéye Khady Diop et Abdou Fall, ainsi que des députés libéraux comme Khady Diédhiou, Timothée Boissy, Abdou Sané et de Marie Thérèse Diédhiou, ex directrice de l'Adpme. Autant dire qu’une importante saignée guette le Pds.

 

Les querelles intestines refont surface

Isolé dans l’échiquier politique et guetté par des défections de taille, le Pds est aussi miné par des querelles intestines. La défaite électorale du 25 mars à peine consommée que les libéraux reprennent déjà leur jeu favori : les polémiques fratricides.  A titre d’exemple, Aïda Mbodj et Awa Diop ont déterré la hache la guerre par presse interposée quelques jours seulement après le second tour de la présidentielle. Dans les colonnes du Quotidien, la responsable nationale des femmes du Pds traite Aïda Mbodj de « folle ivre du pouvoir ». Face à cette attaque frontale, la  désormais ex ministre de la Femme réplique violemment sur Walf Grand Place. « Awa Diop est une plaie au Pds qui ne rejette sa puanteur sur moi qu’en période de recomposition politique », réplique-t-elle. Une querelle de borne fontaine qui renseigne sur l’état de déliquescence du Pds. Pis, Souleymane Ndéné Ndiaye n’est plus en odeur de sainteté dans ce parti qui ressemble de plus en plus à un volcan en ébullition. Nombre de libéraux le prennent pour le principal responsable de leur débâcle électorale. D’ailleurs, les murs de Dakar se font l’écho de cette hostilité envers le dernier Premier ministre du régime de l’alternance. « S2N, directeur de campagne incompétent », « Ndéné, traitre », peut-on lire dans divers endroits de la corniche ouest. Dimanche dernier lors du congrès du Pds, Souleymane Ndéné Ndiaye a été tout simplement privé de parole. Un signe de plus de sa disgrâce. Reste à savoir s’il va rester au Pds à avaler des couleuvres ou s’il va claquer la porte comme l’ont fait avant lui Idrissa Seck et un certain Macky Sall. Le Pds est décidemment au creux de la vague.

Farba Alassane SY

 

 

 

 

 

 

 

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