DIX HUIT ANS APRES LE MEUTRE DE ME BABACAR SEYE:Les commanditaires impunis pour toujours

Publié le par farbasy

maitre_babacar_seye-1-.jpgDix huit ans après l'assassinat de Me Babacar Seye, les commanditaires de ce meurtre n'ont jamais été connus. Ils bénéficient d'une impunité puisque la loi Ezzan initiée par les libéraux a amnistié tous les crimes politiques commis au Sénégal entre 1983 et 2004.

 

 

Le 15 mai 1993, Me Babacar Seye vice président du Conseil constitutionnel a été assassiné au moment où il venait de quitter son lieu de travail par trois individus qui circulaient à bord d'un véhicule. Dix huit ans après ce crime qui a choqué tout le Sénégal, beaucoup de questions restent sans réponses. De même, les actes posés depuis 11 ans par les tenants du pouvoir libéral sont suspects à plus d'un titre.

On se rappelle que Wade, opposant à l'époque des faits, son épouse Viviane Wade et le député libéral Abdoulaye Faye avaient été inculpés en octobre 1993 pour « complicité d'assassinat » et « atteinte à la sûreté de l'Etat ». Toutefois, ils ont fini par obtenir la liberté, blanchis par la chambre d'accusation. Il avait été reproché au leader du Sopi, connu pour ses prises de positions acerbes à l'égard du Conseil constitutionnel, d'être le commanditaire de ce meurtre. Quant aux meurtriers que sont Clédor Sène, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté, ils seront jugés  et condamnés à des peines de prison allant de 18 à 20 ans de réclusion criminelle. Mais fait troublant, ils vont bénéficier d'une grâce présidentielle en 2002 avec l'accession de Me Wade au pouvoir. Dans cette même logique, les députés libéraux votent le 7 janvier 2005 la fameuse loi d'amnistie Ezzan qui efface tous les crimes et délits politique commis en 1983 et 2004. Ce qui permet ainsi aux meurtriers de Me Babacar Seye d'être complètement blanchis et de ne plus être menacés par des poursuites judiciaires à l'avenir. Cette loi sera par la suite promulguée en avril 2005 par le président de la République, ce qui la rend opérationnelle. Et  comme pour troubler d'avantage les esprits, le journaliste écrivain Abdou Latif Coulibaly a révélé dans son ouvrage « L'alternance piégé » que le chef de l'Etat a dégainé en secret 600 millions de francs en guise d'indemnisation à la famille de Me Babacar Seye. Une information que ne démentira pas la commission parlementaire constituée pour enquêter sur cette affaire. Elle notera toutefois qu'en lieu et place de la somme indiquée par Latif Coulibaly il s'agit en fait de 200 millions de francs. Mais tout de même, il convient de se demander du pourquoi l'Etat procède t-il à ces dédommagements alors que la justice a déjà identifié, jugé et condamné les assassins. De même, c'est curieux que le président Wade ait choisi de dédommager en secret les membres de la famille de Me Seye.

Dix huit ans après, si les meurtriers du Vice-président du Conseil constitutionnel sont connus, les commanditaires de ce crime sont toujours inconnus. La justice ne peut plus rouvrir cette affaire puisque le régime libéral a initié puis voté une loi amnistiant ce meurtre. Reste maintenant à la justice divine de tirer au clair cette sombre épisode de l'histoire politique du Sénégal.

Farba Alassane SY

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