DESSOUS DE LA VISITE DU PRESIDENT IVOIRIEN A DAKAR:Comment Ouattara a « réconcilié » Wade et Compaoré

Publié le par farbasy

x610%20(1)(36)[1]En venant au Sénégal, le président Ouattara a tenu à réconcilier Wade  et Compaoré, deux chefs d'Etat qui se livrent une guerre feutrée pour le leadership diplomatique en Afrique de l'Ouest. Résultat de cette médiation, Me Madické Niang a effectué samedi dernier une visite à Ouagadougou.

 

Le chef de la diplomatie sénégalaise a effectué samedi un déplacement au Burkina Faso officiellement pour apporter le soutien du président Wade à son homologue du pays des hommes intègres. On sait que le maître de Ouagadougou est menacé depuis quelques semaines par une grogne générale des militaires, paramilitaires et commerçants, sans compter que l'opposition burkinabé réclame sa démission. Dans une déclaration lue à la radio d'Etat du Burkina Faso, Me Madické Niang a déclaré que « le président Wade apporte son soutien, sa solidarité  au président Compaoré mais aussi au peuple burkinabé. Il salue surtout la maturité avec laquelle cette crise à été gérée ».

Cependant, au delà des déclarations officielles, un fait troublant  attire l'attention: la visite du ministre des Affaires étrangères du Sénégal intervient juste après celle d'amitié effectuée jeudi et vendredi à Dakar par le nouveau président ivoirien. D'où cette interrogation:  Alassane Dramane Ouattara a t-il joué un rôle dans ce périple ouagalais de Me Madické Niang. Ce dans le but de favoriser un rapprochement entre  Wade et Ouattara, deux présidents qui se livrent depuis quelques années une guerre feutrée pour le leadership diplomatique en Afrique de l'Ouest. Cette question est d'autant plus pertinente que le Sénégal s'était gardé, depuis le début de la crise socio-politique menaçant le pouvoir de Compaoré, d'apporter un moindre soutien à ce dernier. Depuis un mois, Le Togo, le Mali, la Guinée et le Niger ont tous montré leur solidarité au locataire du palais du Kosyam. Dans ces conditions, le silence du Sénégal, géant diplomatique au sein de la Cedeao et de l'Uemoa, était plus que troublant. Un mutisme qui est comparable à une prise de position en faveur des protestataires burkinabé. C'est cette situation lourde de conséquences pour le Sénégal que le président Alassane Ouattara a, selon toute vraisemblance tenu à corriger. Ainsi a t-il tenu à oeuvrer au réchauffement des relations de ses deux principaux alliés que sont Abdoulaye Wade et Blaise Compaoré.

De même, en dépêchant Me Madické Niang à Ouagadougou, le président Wade tente de ménager la susceptibilité de Blaise Compaoré. Le choix de Dakar comme première sortie à l'extérieur de la Côte d'ivoire de Ouattara n'est certainement pas pour plaire du chef d'Etat burkinabé. Lui qui a été pendant ces dernières années le médiateur attitré de la Cedeao pour la résolution de la crise ivoirienne. Blaise Compaoré est le parrain de l'accord de Ouagadougou qui a conduit à l'organisation en octobre 2010 d'une élection présidentielle en Côte d'ivoire après près de dix ans de crise politique. De même, nombres d'observateurs identifient le chef d'Etat du Burkina Faso comme étant le parrain de Ouattara. Toutes choses qui font que le primeur accordée par Ado à Wade a de fortes chances de déplaire à Compaoré. D'où le voyage de Me Madické Niang à Ouagadougou pour tenter de jouer les sapeurs pompiers avant la venue ce lundi de Ouattara au Burkina Faso.

Craint pour sa capacité de nuisance en Afrique de l'Ouest, Blaise Compaoré est l'homme qu'il ne faut pas avoir comme adversaire. Alassane Ouattara l'a compris et fait comprendre à Wade. La présidentielle de 2012 s'approchant à grand pas, il serait plus sage pour le doyen des chefs d'Etat africains de ne pas se mettre à dos le maître de Ouagadougou.

Farba Alassane SY

Commenter cet article