CONSEIL CONSTITUTIONNEL: A la découverte des cinq sages

Publié le par farbasy

2329155-3257014-1-.jpgA l'approche de la présidentielle de 2012, le Conseil constitutionnel attire tous les regards puisqu'il lui revient le pouvoir de valider ou d'invalider la controversée candidature du président Wade. Les cing membres de cette institution, qui est la plus haute instance du système judiciare sénégalais ont dès lors rendez-vous avec l'histoire. De leur décision dépendra la stabilité du pays. Voici les portraits de ces cinq sages?

 

Président Cheikh Tidiane Diakhaté (magistrat)

Le 13 août 2010, Cheikh Tidiane Diakhaté jusque là président de la Cour d'appel de Dakar, a été propulsé par decret présidentiel à la fonction de président du Conseil constitutionnel, la plus haute instance du système judiciaire sénégalais. Par ce geste, Wade met au devant de la scène politique un homme qui a eu dans la passé à piloter tous les dossiers chauds du Sénégal depuis plus de vingt ans. En sa qualité de doyen des juges d'instruction du tribunal régional hors classe de Dakar de 1988 à 1994, ce magistrat a eu à gérer des affaires aussi brûlantes que l'assassinat de Me Babacar Seye en 1993 et le massacre des policiers au Boulevard Centenaire en 1994. A propos de l'affaire Me Babacar Seye, Cheikh Tidiane Diakhaté s'est illustré à l'époque par son manque d'indépendance par  rapport à l'Exécutif. Sur instruction du président du Palais présidentiel, il avait remis en liberté le 22 septembre 1993 Abdoulaye Wade, Viviane Vert et Ousmane Ngom, personnes contre qui le procureur avait retenu les charges de « présomptions graves de complot ayant pour but, les crimes de complicité d'attentat, de complicité d'assassiant, manoeuvre et actes de nature à compromettre la sécurité publique ». En 2005, il a été chargé de présider la commission d'instruction de la Haute cour de justice pour enquêter sur l'affaire des chantiers de Thiès. En pleine audience, ce magistrat a été quasimment humilié par Idrissa Seck qui l’a publiquement accusé d'avoir « bénéficié en même temps que d’autres hauts magistrats ainsi que de hautes personnalités religieuses et de l’Etat, des fonds politiques ». Pis, le maire de Thiès lui fait savoir en mai 2008 qu'il n'est une simple marionnette au service du président de la République. « La vérité est que c'est vous qui m'avez placé sous mandat de dépôt et, à votre insu, le président de la République m'a envoyé des émissaires le 15 novembre 2005 et le 6 février 2006 », lui a dit Idrissa Seck. Lors des locales de 2009, Cheikh Tidiane Diakhaté s'est vu désavoué par la Cour de cassation lorsqu'il a validé les listes forcloses de la coaltion Sopi dans les localités de Ndindy et Ndoulo. Après les élections, il reçoit un deuxième désavoeux quand la Cour suprême casse la décision de la Cour d'appel de Dakar qui avait octroyé la victoire au pouvoir en annulant les résultats des bureaux de vote de Ndombo dans la communauté rurale de Mbane.

 

Vice-président Isaac Yankhoba Ndiaye (Progesseur agrégé de droit)

Ancien doyen de la faculté de Droit et des sciences politiques de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ce professeur agrégé est depuis le 6 janvier 2009 nommé Vice-président du Conseil constitutionnel. Auparavant, Isaac Yankhoba Ndiaye a été tour à tour chef de département puis assesseur. A la fin de son mandat de doyen, il est devenu enseignant à la prestigieuse université française qu’est la Sorbonne. De l'avis de plusieurs observateurs, cet universitaire émérite est un grand intellectuel avec un esprit libre et indépendant. Dans l'hypothèse où la candidature de Wade est déposée au Conseil constitutionnel, Isaac Yankhoba Ndiaye pourrait être de ceux qui vont l'invalider. Mais à condition qu'il rallie les autres sages à sa cause.

 

Malick Chimère Diouf (magistrat)

Ce magistrat a été  précédemment directeur des Affaires criminelles et des Grâces. Ensuite, il a effectué un passage d'environ huit mois au secrétariat général du ministère de la Justice. Comme avocat général, c'est lui qui avait requis la peine capitale contre Clédor Sène dans l'affaire relative à l'assassinat de Me Babacar Sèye. Sa carrière est entachée par un manque de pugnacité dans le procès des assassins de Me Seye alors que les accusés se défendaient si mal. S'y ajoute qu'il n'a jamais cherché à connaître le ou les commanditaire (s) de ce crime politique.

 

Siricondy Diallo (Ancien chef de l'Inspection général d'Etat)

Jusqu'à son entrée au club des cinq sages, Siricondy Diallo a été presque durant toute sa carrière à l'Inspection générale, institution dont il a été le chef. A son départ, il a été remplacé en juillet 2006 par Mme Nafi Ngom Keïta. A préciser que c'est sous la direction de Siricondy Diallo que l'Inspection générale d'Etat avait mené en 2004 une mission de contrôle et de vérification des dépenses faites lors des fameux chantiers de Thiès. Une enquête qui avait révélé des milliards de surfacturation et ayant valu à l'ancien Premier ministre Idrissa Seck et à l'ex-ministre de l'Habit un séjour de plusieurs mois en prison.

 

Mouhamed Sonko (Magistrat)

Ce magistrat, ancien président du Conseil d'Etat est entré depuis le 6 janvier 2009 au Conseil constitutionnel en tant que simple membre. Dans le passé, ce sage a travaillé dans l'administration en étant successivement directeur de cabinet dans différents ministères comme les Forces armées, l'Enseignement supérieur et les Affaires étrangères. De même, il a été premier conseiller de Me Jacques Baudin au ministère de la Justice. Selon certaines indiscrétions, ce magistrat est dépeint comme un homme très soucieux de sa carrière, donc pas enclin à prendre des décisions au désavantage de ses supérieurs hierarchique.

Farba Alassane SY

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Diery Hop 27/10/2011 19:00


Ce qui est sûr c'est que d'aprés cette présentation au moins 3 sur les 5 sont absolument pas à une place d'un arbitre digne de ce nom. Pires que des marionnettes. Quand on sait qu'au conseil
constitutionnel on vote pour prendre des décisions on peut déjà présager de l'issue de la candidature de Wade si ces 5 dits sages sont laissés sans pression populaire.