Conseil à Abdoulaye Wade

Publié le par farbasy

PICT0571.JPGJuin 2011, je faisais partie des journalistes triés sur le volet pour accompagner le président Wade lors de son célèbre voyage à Benghazi. Accompagné de son fils Karim Wade et du ministre des Affaires étrangères Madické Niang, le chef de l’Etat avait à l’époque risqué sa vie et celles de ses accompagnants pour prodiguer des conseils au défunt dictateur libyen Khadafi visée par une contestation populaire. Pour le triomphe de la liberté sur la dictature, j’étais fier de mon président de la République, qui avait eu le courage de dire ouvertement au tyran de Tripoli d’écouter le cris de son peuple en quittant le pouvoir. Chose qui n’était pas évidente à l’époque pour un chef d’Etat africain puisque Khadafi était l’un des plus grand contributeurs financiers de l’Union africaine. Je me rappelle de l’accueil populaire fait à Wade par les habitants de Benghazi, qui voyait en lui le symbole éclatant d’une Afrique nouvelle débarrassée des dictateurs et respectueuse des droits de l’Homme. Les souvenirs sont encore frais dans ma mémoire de ces drapeaux sénégalais arborés dans les rues de cette ville martyr ainsi que des You You de joie des Libyens à la vue  du célèbre crâne rasé de Dakar. Je me souviens aussi de l’admiration dont la délégation sénégalaise faisait l’objet de la part des nombreux journalistes du monde entier à l’occasion de la conférence de presse conjointe de Wade et Mansour Abdeljalil. Jamais le Sénégal n’a reçu autant d’honneurs et d’attentions à l’extérieur de nos frontières.

Mais hélas, le défenseur des Libyens brimés par le pouvoir répressif de Khadafi est aujourd’hui en train de filer du très mauvais coton. Wade, qui appelait le tyran Tripoli à quitter le pouvoir parce que le peuple libyen aspirait à la liberté et la démocratie, commet les mêmes fautes que celui à qui il donnait des leçons de bonne conduite. Comme le Bédouin de Syrte, le  président sénégalais réprime sans état d’âme son peuple. A cause de sa candidature controversée par une bonne frange de la population sénégalaise, le pays risque de sombrer dans le chaos. Mardi 31 janvier 2012, les forces de l’ordre ont tué un manifestant, qui n’a commis qu’une « faute », celle d’exprimer son indignation face à un président octogénaire qui veut s’accrocher au pouvoir à tout prix. A l’heure actuelle, plus de quatre Sénégalais ont perdu la vie par la faute de celui qui disait naguère « je ne vais pas entrer au palais en marchant sur des cadavres ». Jusqu’où s’arrêtera l’entêtement de Wade à ignorer le cris d’indignation des Sénégalais ? Dieu seul le sait. Une chose est par contre certaine : Abdoulaye Wade ne s’applique pas les conseils qu’il avait prodigués il y a sept mois à Khadafi. De même, les membres du Conseil constitutionnel n’a pas eu la sagesse d’écouter les conseils de Youssou Ndour, qui leur demandait il y a quelques semaines à travers un morceau de musique d’écouter le peuple. Mais hélas pour le Sénégal, ces conseils sont tombés dans des oreilles de sourds.

Farba Alassane SY

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farbasy 02/02/2012 00:17

Excusez moi des coquilles contenues dans le texte...