CLASSE POLITIQUE ET ALTERNANCE GENERATIONNELLE:Place à la génération post-indépendance

Publié le par farbasy

2012 marque la fin d’une génération, celle des hommes politiques sénégalais ayant connu l’époque coloniale. Place à la nouvelle génération qui n’a connu que l’indépendance du Sénégal.

 

Candidat éliminé dès le premier tour de la présente présidentielle avec un score peu honorable de 0,24% de voix, Oumar Khassimou Dia peut toutefois se consoler au regard de la recomposition politique en vue au Sénégal à l’issue de cette consultation électorale. Comme Moustapha Niasse (72ans) qui vient d’annoncer sa retraite politique, beaucoup d’autres leaders ne manqueront pas de suivre la même porte de sortie. Ce qui constitue en quelque sorte une victoire pour Oumar Khassimou Dia. Agé de 48 ans, ce candidat avait en effet choisi l’alternance générationnelle comme principal thème durant la campagne électorale du premier tour. Message que les Sénégalais ont capté à 100%  en votant massivement au premier tour pour un candidat relativement jeune comme Macky Sall (51ans). Ce dernier, avec près de 27% des voix se voit ainsi qualifié au second tour. Ironie du sort, les Sénégalais ont massivement boudé les bulletins de vote à l’effigie d’Oumar khassimou Dia, le théoricien de l’alternance générationnelle. Dans un ouvrage intitulé « Pour une alternative générationnelle : l’humanisme » sorti fin 2011, cet ingénieur informaticien déplorait l’accaparement des instances de décision par les personnes âgées. Parlant de ces derniers, Khassimou Dia estime à la page 21 dudit livre qu’ils sont d’ « une génération dépassée, mais qui ne cesse de parler au nom de la jeunesse, s’accapare chaque jour le plus de pouvoir possible (économique, politique et médiatique). Utilisant les jeunes pour se maintenir dans la position de dominant, il lui arrive, pour se donner bonne conscience, mais aussi pour maintenir l’illusion de partage, de faire preuve de magnanimité en leur offrant des quotas dans certaines instances de décision ».

Macky Sall, probable premier président de la République né après l’indépendance

Assiste-t-on au chant de cygne de prédominance de la vieille génération au sein des instances de décisions du Sénégal ? Tel semble être le cas avec la possible accession de Macky Sall à la magistrature suprême. Né en 1961, c’est-à-dire une année après l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, le leader de l’Apr/Yakaar pourrait être le premier président du Sénégal à n’avoir pas vécu la période coloniale. Pour n’avoir connu que la liberté depuis son enfance, Macky Sall est différent  de Senghor, Diouf et Wade, qui ont tous été citoyens ou sujets français à un moment de leur vie. Dès lors, avec Macky au pouvoir, ce sera une ère nouvelle qui s’ouvre sur le Sénégal : celle de la génération de l’indépendance. Reste maintenant à savoir si cette nouvelle génération qui arrive au pouvoir sera comme le pense Oumar Khassimou Dia, celle qui va entrainer l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais.

Alternance générationnelle en vue au Ps, Pds à l’Afp et à la Ld

Au sein de la classe politique, la probable accession de Macky Sall à la magistrature suprême va entrainer une profonde reconfiguration générationnelle. Moustapha Niasse a déjà fait savoir qu’il n’occuperait plus aucun poste de ministre. En d’autres termes, il laissera aux plus jeunes le soin de travailler avec Macky Sall. On pense à Malick Gakou, le désormais numéro deux de l’Afp ou encore au docteur Malick Diop, le maire de Fann Point E et Mbaye Dione, Pcr de Ndoundiane dans la région de Thiès. A moyen terme, ces derniers pourraient se disputer le leadership de l’Alliance des forces du progrès, une fois que Moustapha Niasse aura définitivement quitté  la direction de la formation politique. Au Parti socialiste aussi on s’achemine vers un renouvellement générationnel. Bien avant le premier tour de la présidentielle, Ousmane Tanor Dieng a annoncé que la bataille électorale de 2012 sera la dernière. Après les échecs de 2000, en tant que directeur de campagne de Diouf, et de 2007 en tant que candidat, la débâcle de 2012 sonne le glas de Tanor à la tête du Ps. Des « jeunes » comme Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Abdoulaye Wilane, Aminata Mbengue Ndiaye, Moustapha Mbaye, Alioune Ndoye pourraient lui disputer le contrôle du plus vieux parti politique du Sénégal. De même, la Ld dirigée depuis plusieurs décennies par le soixante huitard Abdoulaye Bathily pourrait aussi connaitre cette alternance générationnelle. Surtout que ce parti de gauche regorge en son sein des ressources humaines de qualités à l’image de Seydou Sy Sall, ancien ministre de l’aménagement du territoire. Le Pds n’est pas en reste. Dans l’hypothèse d’un retrait politique de Wade, la place serait libre pour de « jeunes » responsables comme Souleymane Ndéné Ndiaye, Ousmane Masseck Ndiaye, Karim Wade, Modou Diagne Fada, Aliou Sow etc.

A côté de la nouvelle génération de dirigeants du Ps, de l’Afp du Pds et de la Ld, de jeunes leaders comme Idrissa Seck, Cheikh Bamba Dièye et Oumar Khassimou Dia seront les symboles du rajeunissement de la classe politique nationale. Tous ensemble, ces hommes politiques symbolisent l’émergence de la génération de l’indépendance du Sénégal. Une ère nouvelle s’ouvre.

Farba Alassane SY

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