CHEIKH BAMBA DIEYE (FSDBJ): Le "Petit candidat" qui crève l'écran

Publié le par farbasy

3874620-5821382-1-.jpgCe candidat quadragénaire est assurément l’une des principales attractions de cette campagne électorale. Dépourvu de grand appareil politique, le chef de fil du Fsdbj a réussi à attirer toutes les attentions sur lui. Ce qui n’était pas évident lors du démarrage  des hostilités politiques.
« Je suis le porte-étendard de la nouvelle conscience citoyenne des Sénégalais ». La pertinence de cette phrase prononcée par Cheikh Bamba Dièye près d’un mois avant la prochaine présidentielle à l’occasion d’un entretien avec Nouvel Horizon n’a jamais eu autant de sens que maintenant. Surfant sur la vague de contestation de la candidature du président Wade, le porte-drapeau du Fsdbj est en passe de devenir le principal animateur de cette fronde populaire. Certes, les candidats Ibrahima Fall et Idrissa Seck jouent aussi dans le même registre. Mais les actes posés par ces derniers n’ont pas le même éclat que ceux du fringant édile de la vieille ville. Au moment où nombre de candidats membres du M23 semblent accepter contre mauvaise fortune bon cœur la candidature de Wade et sillonnent l’intérieur du pays à la pêche aux voix des électeurs, la bande à Cheikh Bamba Dièye se contente de manifester son rejet à une troisième candidature de Wade. Doté d’un flair politique exceptionnel, le quadra Cheikh Bamba Dièye a réussi à attirer toutes les attentions sur lui. Il faut dire que ce dernier ne recule devant aucun obstacle pour mener son combat. Qu’importe s’il peut récolter quelques brimades et exactions des forces de l’ordre comme c’est le cas ces derniers jours à l’occasion des manifestions interdites de l’opposition à la Place de l’Indépendance. Un jour il a été arrêté par les forces de l’ordre puis acheminé comme un malpropre à travers le panier à salade jusqu’à la permanence du Fsdbj. Un autre jour, il a été malmené par des auxiliaires de police zélés jusqu’à ce que syncope s’en suive. Enfin un autre jour, c’est des brimades de ces mêmes forces de sécurités, actes occasionnant un traumatisme crânien. Mais qu’importe, Cheikh Bamba Dièye ne se laisse pas facilement intimider dans la croisade qu’il mène contre la candidature de Wade. Son objectif c’est de pousser l’actuel président de la République à jeter l’éponge. Pour cela, rien de tel qu’une pression populaire. C’est ce qu’a compris le jeune leader du Fsdbj, lui qui a axé presque toute sa campagne électorale à une tentative jusque-là vaine de siège de la Place de l’Indépendance. Mardi dernier il est parvenu à rallier cette mythique place dakaroise grâce à sa combativité et à la ruse. Au moment où Idrissa Seck et son cortège ont été bloqué au niveau de l’avenue Ponty, Cheikh Bamba Dièye a accédé incognito  à la place interdite. Une fois arrivé sur les lieux il a eu le temps de crier « Vive le peuple sénégalais, vive la démocratie », avant d’être cueilli par les forces de l’ordre puis éloigné des lieux. Mais c’était sans compter sur la pugnacité du maire de Saint-Louis qui est revenu une dizaine de minutes plus tard pour parler aux journalistes. Devant les confrères, Cheikh Bamba Dièye dira que « Wade est un vieux dictateur émoussé et complètement périmé ».
Ces coups d’éclats, le chef de fil du Fsdbj a l’habitude d’en faire depuis quelques mois. On se rappelle du mémorable acte que ce l’homme politique a posé le 22 juin dernier, à la veille du soulèvement populaire ayant occasionné le retrait pur et simple par le Gouvernement du très controversé projet de loi sur le ticket présidentiel. Dièye s’était attachés sur les grilles du portail de l’Assemblée nationale au risque de subir des attaques des nervis libéraux qui voulaient le tabasser n’eut été la présence des forces de sécurité sur les lieux. Selon certains, ce geste de Cheikh Bamba Dièye a été l’acte déclencheur du soulèvement populaire du 23 juin. Interrogé il y a quelques semaines par Nouvel Horizon sur sa capacité à faire d’autres coups d’éclat de ce genre, le patron du Fsdbj avait dit : « J’espère que Dieu qui m’a inspiré ce jour-là (Ndlr le 22 juin) continuera à m’inspirer. Nous sommes dans le jeu des acteurs politiques et aucun d’entre nous n’a intérêt à perdre le leadership dans ce jeu ». Par cette déclaration, Dièye préparait l’opinion publique sur la posture combative qu’il allait prendre lors de la campagne électorale. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce candidat jugé petit avant le début des hostilités, s’est révélé être l’une des principales attractions de cette campagne. Reste à savoir si les coups d’éclats médiatiques suffiront à attirer l’adhésion des électeurs au soir du 26 février 2012.
Farba Alassane SY
 
 
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