CHEIKH BAMBA DIEYE, CANDIDAT DU FSDBJ A LA PRESIDENTIELLE:« Je suis le porte étendard de la nouvelle conscience citoyenne des Sénégalais »

Publié le par farbasy

Cheikhbambadieye-1-.jpgLe candidat du Fsdbj aborde la prochaine élection présidentielle avec la certitude d’être qualifié au second tour au soir du 26 février. Se présentant comme un homme nouveau, Cheikh Bamba Dieye critique les 52 ans de pouvoir socialiste et libéral.

 

 

 Quelles seront les priorités de Cheikh Bamba Dieye si vous êtes élu président de la République ?

Ma priorité c’est de rebâtir le Sénégal, les fondements de la République, c’est-à-dire l’équilibre des institutions. Le développement est la préoccupation majeure des Sénégalais.  Conscient de cela, je développe mon programme autour de quatre axes  que sont l’autosuffisance alimentaire, l’emploi, la santé et l’habitat. C’est autour de ces préoccupations majeures des Sénégalais que je veux structurer une politique d’ensemble. J’envisage aussi  d’appliquer une bonne politique d’aménagement territorial autour de 6 zones agro-économiques majeures. L’objectif c’est d’accentuer sur ces zones la présence des populations originaires. En ce qui concerne la Casamance, j’ai une vision particulière pour cette région naturelle. En effet, je voudrai y ériger une zone agro-économique prioritaire en y injectant 100 milliards par année. Ce pour booster l’agriculture (formations des agriculteurs, circuit de transport). Le port de Ziguinchor verra ses capacités s’accentuer. Je tiens aussi à préciser que la sécurité des personnes et des biens, qui est non négociable, sera assurée en Casamance. Enfin, il n’est bon de parler de développement que si l’Homo Sengalensis est apte à cet exercice. C’est pourquoi un effort d’éducation sera fait pour aider les enfants sénégalais à se formater.  L’objectif c’est d’aider l’homme sénégalais à sortir de son trou pour se bonifier.

 

 

Qu’allez-vous faire pour amener la paix en Casamance ?

Il n’y a pas mille manières pour cela. Il faut d’abord assurer la sécurité des personnes et des biens. Ceci est non négociable. Les Forces de défense et de sécurité doivent être libérées. Je m’explique, l’Etat doit leur donner les moyens nécessaires pour qu’elles amènent la sécurité en Casamance. Ensuite, il faut être ouvert à tous les groupes disposés à trouver des solutions acceptables pour tous. Nous n’avons pas d’autres choix que de nous entendre entre Sénégalais.

 

Est-ce à dire que vous allez mettre la Gambie et la Guinée Bissau sur la touche ?

Nous ne négligerons aucun acteur. On ne peut pas construire une paix dans la sous-région si nous ne discutons pas avec la Gambie et la Guinée Bissau.

 

Quelle sera la place des recommandations des assises nationales dans votre programme ?

La charte des assises nationales est une direction. Elle articule des souhaits comme la nécessité d’instaurer une bonne gouvernance, le rééquilibrage des pouvoirs etc. Sur la forme de l’Etat, les assises nous ont donné des directions, c’est-à-dire le partage rationnel des pouvoir entre l’Exécutif et le judiciaire. Mais je pense que cela ne suffit pas. Il faut aussi placer de bonnes personnes aux bonnes places. Quand je serai élu président de la République je redistribuerai dans un mouvement progressif les pouvoirs du président de la République à l’Assemblée nationale. Par exemple, donner à chaque député le pouvoir de saisir le Conseil constitutionnel, institutionnaliser des rendez-vous hebdomadaires entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale, créer une télévision du Parlement etc. Ce sera un régime parlementaire mais pas absolu où l’essentiel des pouvoirs sera à L’Assemblée nationale. Bref, nous aurons le système que nous avons actuellement en y enlevant des pouvoirs au président de la République et en requalifiant les pouvoirs des députés.

 

Quelle est votre particularité par rapport aux autres candidats qui se réclament des assises ?

Nous n’avons pas le même cursus politique qu’eux.  Ces derniers ont soit eu à exercer le pouvoir soit sont sortis des entrailles de ceux qui ont eu à exercer le pouvoir. De mon côté, je réclame mon droit d’inventaire des 52 ans de pouvoir socialiste et libéral et la liberté de créer une autre voie.  Mon objectif est de créer un Etat de droit pour la rupture de ce qui existait. Il existe une différence entre ce qui existait et la nouvelle vague que je représente. On ne peut pas avoir exercé le pouvoir pendant une certaine période et prétendre aujourd’hui apporter la rupture. Le sérieux, la constance et la crédibilité, c’est autour de ces trois valeurs que nous voulons attirer les Sénégalais. Je suis le porte étendard de la nouvelle conscience citoyenne des masses sénégalaises par rapport aux politiques et à ceux qui aspirent à diriger le Sénégal.

 

On sent que Cheikh Bamba Dieye est esseulé dans sa volonté de conquérir le suffrage des Sénégalais. Vous n’avez aucun allié dans l’échiquier politique.

Il faut faire la différence entre le racolage et l’électorat. Il existe des partis politiques dont on ne connait que leur leader qu’à travers les médias. Ceci pour vous dire le caractère dérisoire et léger de certains alliés de candidats. Je n’ai pas à me sentir esseulé. Il n’y a d’important que l’électorat. Des surprises il y en aura le 26 février prochain.

 

On ne peut pas dire que vous êtes une foudre de guerre. En 2007 vous n’avez récolté que 0,50 des voix

Il faut savoir que j’étais un parfait inconnu en 2007 et que cette élection m’a permis de m’installer dans l’espace politique. Cela nous a permis d’ancrer le nouveau style du Fsdbj. En juin 2007, le parti a fait un bond de 112% aux législatives.

 

A préciser que vous avez fait ce bond aux dernières législatives à un moment où une grande partie de l’opposition avait boycotté ces élections…

Ceux qui ont voté pour moi à ces législative ne dépendaient pas de l’opposition. Le processus d’augmentation de mon électorat s’est vérifié sur les résultats des locales de 2009. Le phénomène de Bennoo a été porté par des hommes nouveaux. Ce qui a fait qu’une ville comme Saint-Louis, qui n’a jamais basculé dans l’opposition, a tourné le dos au parti au pouvoir. Depuis 2007 tous les Sénégalais se sont rendu compte qu’il était possible de faire une nouvelle image du député grâce à mon engagement à l’Assemblée nationale. Je peux dire que le Fsdbj est dans une trajectoire ascendante. Suivant cette logique, notre parti a depuis longtemps quitté son statut de 2007.

 

D’où vient votre certitude à gagner la prochaine présidentielle ?

Nous conservons toutes nos chances de sortir victorieux. Je vais dans un combat crucial et je vais y aller avec les moyens qu’il faut. Si je n’avais pas la certitude que je n’irais pas au second tour, je n’allais pas prendre part à ces élections. J’ajoute que depuis 1992 je suis dans l’espace politique. J’ai fait tous les métiers : colleur d’affiche, chauffeur, garde du corps, responsable local, porte-parole, directeur de campagne et secrétaire général du Fsdbj. Toutes les formes d’élection je les ai vécu trois fois. J’ai été formé dans la rigueur et l’exercice politique.

 

Avez-vous assez d’argent pour engager cette compétition électorale ? Vos adversaires sont pleins aux as et ils ont les moyens de leurs ambitions.

Les citoyens sénégalais ont beaucoup muri. Ils ont compris la stratégie de ces hommes politiques. Ils perçoivent leurs activités comme du business politique. Ils savent qu’il y a des gens qui ont piqué l’argent des sénégalais et qui sont prompts à le leur distribuer. Le jour du vote, ces Sénégalais qui ont été payés lors des meetings pour remplir les stades et les salles vont voter pour le candidat de leur choix. Nous avons des citoyens extrêmement matures.  Ils vont bouffer tout l’argent de ces hommes politiques puis ils vont voter  selon leurs convictions le jour de l’élection. Il y aura des surprises renversantes le 26 février prochain.

Entretien réalisé par Farba Alassane SY

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