ABSENCE DE RIPOSTE POLITIQUE APRÈS L’ARRESTATION DU JEUNE SOCIALISTE:Malick Noël Seck, l’agneau de sacrifice des leaders de l’opposition

Publié le par farbasy

Une semaine que Malick Noël Seck séjourne en prison pour une durée de deux longues années. Pendant ce temps, les leaders de l’opposition en commençant par Ousmane Tanor Dieng du Ps se font discrets comme si de rien n’était. Seuls les jeunes du M23 tentent d’apporter une réplique politique à l’incarcération du secrétaire général de la Convergence socialiste. Faut-il parler de lâchage ?

 

Le pouvoir peut pavoiser. Sans coup frémir-du moins pour l'instant-, il a réussi à neutraliser pour une durée de vingt quatre mois Malick Noël Seck, le secrétaire général de la Convergence socialiste. « Un adversaire de moins », ont certainement jubilé les libéraux jeudi dernier à l’occasion de la condamnation du jeune responsable socialiste à deux ans de prison ferme. Surtout que cet adversaire est un des lieutenants de Barthélemy Dias, le tonitruant leader de la jeunesse socialiste. Tout cela s’est passé dans le plus grand calme hormis quelques cris de réprobation de l’opposition et de la société civile.

Une semaine après le verdict du tribunal, l’opposition ne montre aucune détermination politique pour obtenir la libération d’un des siens. Depuis l’arrestation puis le jugement de Malick Noël Seck, aucune marche de protestation ou encore sit-in n’ont été organisés dans les rues de Dakar. Seulement quelques déclarations d’indignation à la presse durant le procès. Comme moyen de lutte, les jeunes de Bennoo Siggil Senegaal avaient lu à haute voix au cours d’une conférence de presse la lettre qui a valu une arrestation de Malick Noël Seck. Ce, en signe de solidarité et dans l’espoir  d’être convoqués à la police. Seulement, cette stratégie n’a pas porté ses fruits, le procureur de la République n’a pas jugé utile de les faire arrêter. Si les jeunes de l’opposition ont tenté quelque chose, tel n’est pas le cas de leurs leaders. Jean Paul Dias en sait quelque chose, lui qui ne cesse depuis la mise aux arrêts du jeune Seck d’appeler les chefs de partis à signer la fameuse lettre. Autant dire qu’il a prêché dans le vent. A l’heure actuelle, seul Idrissa Seck s’est montré disposé à parapher le document compromettant. Aux dernières nouvelles, les jeunes de l’opposition regroupés aux sein du M23 ont signé intégralement le 24 octobre la lettre de Malick Noël qu’ils vont prochainement déposer au siège du Conseil constitutionnel. Ce qui n’est pas le cas de leurs aînés que sont les leaders. Secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng n’était même pas au Sénégal lors du procès. Il a préféré aller en Europe pour répondre à une invitation du Premier ministre espagnol José Luis Zapatero et assister en France à l’investiture du candidat socialiste François Hollande. Toutefois, son entourage fait savoir qu’il a profité de ces déplacements pour internationaliser la cause de Malick Noël Seck. Mais qu’à cela ne tienne, le combat se passe d’abord et avant tout au Sénégal. Pis, le leader des socialistes ne semble même pas affecté par la condamnation de son poulain à deux ans de prison ferme. Près d’une semaine après la tombée du verdict, il a appelé depuis Paris le pouvoir à ne pas dramatiser l’acte de Malick Noel Seck. « Les membres du Conseil constitutionnel ont été menacés. Tout cela, on l'a vécu avec Abdoulaye Wade. Donc, il faut gérer de manière équilibré et apaisée cette situation et non la dramatiser », dira t-il dans une interview parue le 25 octobre dans les colonnes du journal Le Quotidien. Par cette déclaration, le chantre de l’opposition républicaine a comme l’impression de vouloir calmer ses troupes. Mais est ce la position appropriée à adopter pour faire sortir Malick Noël Seck de prison ? L’opposition semble privilégier la solution juridique à celle politique. D’ailleurs, elle s’apprête à interjeter appel pour contester le condamnation du secrétaire général de Convergence socialiste. A moins que le président Wade ne les prenne de cours en graciant le prisonnier à l’occasion de la fête de Tabaski.

Probabilité d’une grâce présidentielle

Il faut dire que l’idée de gracier Malick Noël Seck commence à faire son petit bout de chemin. De l’avis de Mame Mactar Gueye, porte parole de la Cap 21  « en graciant Malick Noël Seck, le président de la République posera, indubitablement, un jalon non négligeable sur le chemin devant nous conduire à des élections apaisées, libres et transparentes pour le plus grand gain de la démocratie ». Par cet acte de magnanimité, le président Abdoulaye Wade pourrait redorer son blason terni dans l’opinion publique depuis le rejet populaire du projet de ticket présidentiel. De plus, en terme d’image au niveau international le Sénégal a tout à perdre en maintenant dans les geôles un opposant comme Malick Noël Seck. D’ailleurs, Amnesty International considère le jeune socialiste comme un « prisonnier politique » que la Cour d’Appel doit relâcher dans les plus brefs délais. Conscient sans doute du discrédit que cette incarcération pourrait causer sur le régime, le libéral Thierno Lô souhaite la libération du jeune socialiste. « Malick Noël Seck est un enfant, il a commis énormément d'erreurs. Les magistrats ont certes été offensés mais je pense qu'avec leur magnanimité, ils pourront être indulgents, même si l'anarchie tire la démocratie vers le bas », a-il fait savoir la week end dernier au cours d’un meeting tenu à Darou Mouhty. A l’heure actuelle où les leaders de l’opposition se font discrets dans le dossier de Malick Noël Seck, la libération de ce dernier pourrait beaucoup profiter au chef de l’Etat.Abdoulaye Wade se mettrait dans la peau du patriarche sage pardonnant un de ses nombreux petit-fils. Ce, au détriment des leaders de l’opposition, qui du fait de leur manque de combativité, ne pourront pas bomber le torse.

Quand Y en a marre montre la voie à l’opposition

De la position actuelle de l’opposition, on peut dire qu’elle est aux antipodes de l’attitude fin juillet du mouvement « Y en a marre » lors de l’arrestation et la garde à vue du rappeur Thiat. A l’époque, les membres de cette collectif avaient littéralement assiégé pendant deux jours les locauxde la Brigade des affaires générale où était entendu leur camarade. En dépit d’une interdiction de rassemblement dans le centre ville de Dakar, des centaines de Y en a marristesavaient à l’époque improvisé des sit in aux abords du palais de justice de Dakar. Il a fallu qu’ils obtiennent gain de cause, c’est à dire la libération de Thiat après 48 heures de garde à vue, pour que les manifestants rentrent chez eux. Malick Noël Seck n’a pas eu la même assistance. Les leaders de l’opposition ont sans nul doute jugé plus utile de jouer la carte de l’apaisement dans l’espoir d’obtenir une relax de Malick Noël Seck. Pour l’heure cette stratégie tarde à porter ses fruits, loin de baisser garde le juge du tribunal des flagrants délits de Dakar a tout simplement décidé de punir sévèrement le secrétaire général de la Convergence socialiste.

Farba Alassane SY

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