Youssou Ndour et le Positive Black Soul défient le régime libéral

Publié le par farbasy

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Lepeuple-sn.com (Dakar)-Les incessantes coupures d’électricité ainsi que les récurrentes inondations n’ont pas laissé de marbre le chanteur Youssou Ndour et le célèbre groupe de rap sénégalais Positive Black Soul. Le roi du mbalakh a lancé ce mardi sur internet une chanson intitulée ‘’Leep mo lendem’’ ou ‘’tout est obscur’’ en français. Quant aux précurseurs du rap au Sénégal, ils expriment leur mécontentement à travers un morceau ayant pour titre ‘’Da fa doy’’, c’est à dire ‘’ça suffit’’. Ces artistes entendent interpeller par cette manière les autorités du pays face au malaise social qui ronge de plus en plus le Sénégal.

Sur un air de ‘’Obladi Oblada’’, un tube du groupe anglais Beatles, Youssou Ndour se fait le porte parole du peuple pris en otages par les délestages de la Société nationale de l’électricité. ‘’ Coupure le matin, coupure le soir. Le peuple est fatigué d’être toujours dans le noir. Vous nous faites souffrir et vous nous cachez la vérité’’, lance le chanteur. Dans cette chanson très engagée Youssou Ndour se dit révolté par les agissements de la Senelec qui bénéficie pourtant de milliards de francs de l’Etat. Pour le roi du mbalakh, le mauvais sort est entrain de s’acharner sur le peuple sénégalais. ‘’Les inondations mêlées aux coupures, mon Dieu où allons-nous’’, s’inquiète t’il. Ce n’est pas la première fois que Youssou Ndour utilise son micro pour dénoncer les coupures de courant. A la fin des années 90, sous la présidence du socialiste Abdou Diouf, le chanteur avait déjà sorti le tube "boulen coupé" (arrêtez les coupures d'électricité, en ouolof).

‘’Da fa doy’’ crient de leur côté les rappeurs du PBS. Dans un clip vidéo circulant sur la toile ils disent stop aux coupures de courants. Des images des émeutes causées ces dernières semaines par les délestages ainsi que celles de la banlieue dakaroise pataugeant dans l’eau des dernières pluies diluviennes accompagnent cette chanson engagée. Pour Didier Awadi ça suffit ‘’trois fois, quatre fois qu’on me fuck tout le matos, qui va payer ? Samuel Sarr ne sera jamais au courant, le président aussi’’, tonne t-il. Très incisif, ce rappeur se dit énervé par cette situation. Les rappeurs de la Sicap montrent aussi qu’ils ne sont pas insensibles au sort de la banlieue. Pour eux ‘’dans la banlieue y a pleine vue sur la merde, inondation partout c’est la consternation’’.

Ces deux chansons dénonçant le mal vivre sénégalais risquent de devenir les tubes de l’été, tant elles surfent sur la vague de mécontentement de la population sénégalaise. Elles montrent que les artistes sénégalais sont prêts à servir de porte étendard des revendications du bas peuple. Au risque de froisser le régime libéral en place, Youssou Ndour et le Positive Black Soul endossent des habits d’artistes engagés, à leurs risques et périls. Par cette posture, ils suivent les traces de la sud africaine Myriam Makeba connue pour sa lutte acharnée contre le système de l’apartheid et de l’ivoirien Tiken Jah Facoly, pourfendeur du régime de Laurent Gbagbo.

Farba Alassane SY
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